Une étude révèle la toxicité des jouets vendus en Inde

Un laboratoire indien a publié les résultats d’une étude de la toxicité des jouets en plastique vendus en Inde. Résultat : la majorité des échantillons analysés présentaient des taux anormalement élevés de phtalates, des produits chimiques hautement toxiques.

Les girafes en plastique et autres jouets que portent à la bouche la plupart des enfants indiens représenteraient un risque pour leur santé, révélait la semaine dernière le Centre pour la Science et l'Environnement, (CSE), un organisme scientifique basé à New Delhi.

Les coupables ? Les phtalates, produits servant à assouplir le plastique, utilisés fréquemment dans la fabrication de jouets, en raison de leur moindre coût. Ces derniers ont par ailleurs été interdits dans la fabrication des jouets vendus en Europe, suite à une directive de 2005, en raison de leur dangerosité. Leur absorption sur le long terme par l'organisme peut en effet provoquer de graves perturbations du système reproducteur, des allergies ainsi que des dommages pulmonaires.

Les tout jeunes  enfants, dont l'organisme est encore en développement et qui ont pour habitude de mettre à la bouche leurs jouets, sont particulièrement vulnérables à la toxicité des phtalates.

Or, selon l'étude, tous les échantillons de jouets analysés par le CSE révélaient la présence d'un ou plusieurs phtalates, et 46% révélaient un taux de phtalates au-dessus de la norme généralement autorisée, qui est de 0,1% de la masse totale de plastique.

Pire encore, aucun label ne peut être considéré comme une garantie. Ainsi, un des jouets fabriqués par une firme indienne, Funskool India Limited , et portant la mention "non-toxique" présentait en réalité une concentration de phtalates 162 fois supérieure à la norme européenne de sécurité.

Si l'Europe a su réguler l'utilisation des phtalates, ce n'est malheureusement pas le cas en Inde. Le Bureau of Indian Standards, (BIS, organisme en charge de l'harmonisation des standards à l'échelle nationale), a bien quelque directives concernant les jouets pour enfants, mais leur suivi ne repose que sur le bon vouloir des fabricants ;  et les phtalates ne sont même pas mentionnés.

Il est aussi à craindre que le gouvernement Indien ne voie dans les résultats de cette étude qu'un argument supplémentaire dans la poursuite de sa  guerre des jouets  avec la Chine. En effet, l'arrivée massive, à partir des années 2000, de jouets chinois sur le marché indien avait conduit à la faillite de plus des deux tiers des fabriques indiennes. Pour parer à cette attaque, et au mépris de tout respect des règles de concurrence, l'Inde avait donc décidé d'interdire l'importation de jouets ne satisfaisant pas les critères de sécurité du BIS . Critères que les industriels indiens n'ont pas l'obligation de respecter…


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