Un rapport officiel barre la route à Vedanta en Orissa

Le projet controversé d’exploitation minière du géant britannique d’aluminium pourrait s’arrêter net dans la région. Un rapport commandé par le ministère indien de l’environnement juge les activités du groupe illégales et écologiquement nuisibles.

Les Dongria Kondhs peuvent pratiquement crier victoire. Cette tribu de l'Etat d'Orissa (est) se bat depuis près de deux ans, pour empêcher la compagnie minière britannique Vedanta d'extraire du bauxite sur la montagne de Niyamgiri. C'est désormais presque chose faite. Un rapport remis lundi au ministère indien de l'Environnement valide les accusations lancées par plusieurs ONG qui militent contre le projet, et pourrait, s'il est validé vendredi, obliger Vedanta à faire marche arrière.

"L'intensité des opérations minières proposées par ce projet qui s'étend sur 7km carrés perturberait sévèrement cet habitat naturel. La montagne de Niyamgiri subira des dégâts écologiques majeurs si l'exploitation des mines est autorisé", lit-on dans le rapport. Vedanta est également accusé d'occupper illégalement des zones de forêt, grâce notamment à la connivence de responsables locaux, et sans avoir obtenu au préalable le feu vert du gouvernement régional pour le projet.

"L'exploitation, si elle est autorisée, affectera directement une proportion conséquente (20%) de la communauté des Dongria Kondhs. Un impact sur une proportion aussi significative de leur population aura des répercutions sur la survie de la communauté", assure le rapport, qui précise que "les opérations minières vont détruire des grandes étendues de forêt dont les Dongria Kondhs dépendent pour leur survie".

De son côté, le groupe a déclaré qu'il acceptera la décision du gourvernement, qui doit être rendue le 20 août. "Nous respectons la loi. Nous ne commencerons pas l'exploitation minière avant d'avoir obtenu l'accord des autorités concernées", a déclaré à la BBC le président de Vendanta Anil Aggarwal.

Qualifié de "dévastateur" par Survival International, une ONG qui oeuvre pour la défense des peuples indigènes, le rapport insiste notamment sur les effets catastrophiques que le projet minier aurait sur les Dongria Kondhs, qui dépendent de la faune et de la flore de la montagne Niyamgiri, qu'ils considèrent par ailleurs comme sacrée.

Selon le magazine écologiste Down to Earth, publié par le Centre pour la Science et l'Environnement (CSE) basé à New Delhi, les auteurs du rapport se sont rendus dans la région de Niyamgiri les 7 et 8 juillet dernier pour étudier la situation. De nombreux habitants de la région et responsables locaux leur ont alors affirmé que les droits des Kondhs n'étaient pas respectés et que Vedanta coupaient des arbres illégalement pour élargir les routes.

"Ce rapport est cinglant à l'égard de Vedanta et confirme ce que Survival et d'autres affirment depuis des années", a déclaré le directeur de l'ONG Stephen Curry. "Les conclusions sont sans équivoque : [l'exploitation minière] détruirait les Dongria Kondhs et ne doit pas être autorisée", a-t-il ajouté.

Depuis l'annonce, en janvier 2009 de l'ouverture d'une mine de bauxite et la construction en amont d'une raffinerie d'aluminium en Orissa par Vedanta, les Dongria Kondh ont organisé, régulièrement des manifestations pacifiques pour s'opposer au projet, avec le soutien d'ONG.  Plusieurs personnalités, comme l'ex-mannequin Bianca Jagger ou la romancière activiste indienne Arundhati Roy, se sont joints à la cause de la tribu. Reste maintenant  à voir si les autorités locales, accusées d'avoir facilité l'implantation de Vedanta dans la région en premier lieu, iront elles aussi dans ce sens.  


Image of Tribals of Orissa: The Changing Socio Economic Profile
Manufacturer: Gyan Publishing House
Part Number:
Price: EUR 15,61
0


0