Un Indien révolutionne l’agriculture en Amérique latine

Un chercheur indien a travaillé toute sa vie, avec grand succès, au développement de l'agriculture dans plusieurs pays d’Amérique du sud. Il n'en reste pas moins concerné par les enjeux agricoles mondiaux et indiens.

Un homme dans un champ de blé au Paraguay en 2010

Mohan Kohli, jeune doctorant à l'Institut indien de recherche en agriculture, rencontre à la fin des années 60 Norman Borlaug, agronome américain, futur Prix Nobel de la Paix. Quelques années plus tard, en 1971, le scientifique l'invite à le rejoindre pour intégrer son équipe à Mexico (Mexique). Il participe dès lors à l'élaboration des semences, vendues dans les années 70, qui seront à l'origine de la "révolution verte" en Inde. Elles ont en effet permis une hausse exponentielle de la production de blé du pays et son accès à l'autosuffisance alimentaire.

Après 8 ans de collaboration, Norman Borlaug prend sa retraite en 1979. Mais, le destin de Mohan Kohli le conduit à nouveau en Amérique Latine, puisque son mentor le choisit pour diriger l'équipe du CYMMIT (International Maize and Wheat Improvement Center) en Amérique du Sud. Sa mission : faire augmenter la production et la productivité de blé dans 6 pays du sous-continent américain. Tâche peu aisée car trois d'entre eux - le Paraguay, la Bolivie et le Brésil – sont des pays chauds. Or, "le blé pousse principalement dans les pays froids, explique-t-il, l'Argentine est le plus gros producteur en Amérique Latine car c'est un pays froid".

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"Nous avons adapté les caractéristiques génétiques du blé à des climats chauds (…) ce n'est pas du blé génétiquement modifié, précise-t-il ». Il réussit ainsi son pari et devient un des architectes de la révolution agricole en Amérique du Sud. Le gouvernement paraguayen lui a d'ailleurs décerné au mois de mai un doctorat honorifique pour le remercier de son action en faveur du développement agricole du pays. Alors qu'en 1978 le Paraguay n'arrivait même pas à l'autosuffisance, le pays exporte aujourd'hui une partie des 1,2 million de tonnes de blé qu'il produit chaque année.

Si Mohan Kohli a fait sa vie et sa carrière en Amérique du Sud, il est néanmoins resté très sensible aux difficultés de l'agriculture indienne. "Ces dernières années, j'ai été très préoccupé par la détérioration des sols et de l'eau en Inde", explique-t-il. Pour y remédier, il préconise l'utilisation d'une nouvelle méthode agricole, mise en place par certains fermiers sud-américains : pas de labour et l'ensemencement direct des cultures. Le gouvernement indien continue néanmoins à subventionner "des motoculteurs qui détruisent les sols", s'indigne le chercheur.

Mohan Kohli est en outre très concerné, comme Norman Borlaug, par les enjeux agricoles mondiaux. "La demande de nourriture va augmenter au niveau mondial et, pour assurer la sécurité alimentaire, on doit investir dans la recherche en agriculture", affirme-t-il. La recherche permettra d'après lui d'inventer de nouvelles technologies pour produire plus et d'obtenir des informations objectives sur les conséquences de pratiques qui font débat, telles que l’utilisation des OGM (Organismes Génétiquement Modifiés).

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