Sur les routes du sud de l'Inde avec Royal Enfield

Unique moto du paysage indien à être conçue pour tracer la route, Royal Enfield organise depuis 2005 une Himalayan Odyssey, de Delhi à Leh. En décembre 2009 , la marque a inauguré un nouveau périple en Inde du Sud : 3000km à parcourir en deux semaines à travers le Tamil Nadu, le Kerala, et le Karnataka. Récit.

Kanyakumari, Tami Nadu. 18h00. Fin de la troisième journée de route pour la vingtaine de participants de la Southern Odyssey. Fatigués, mais contents. "De Chennai à ici, le long de la côte tamoule, on n'a pas arrêté de prendre la pluie sur la tête. Je ne pensais pas être capable de conduire dans de telles conditions, ni que ça reste, au final, un bon souvenir!", sourit Vikas, chef de projet pour une société informatique à New Delhi.

La suite de l'Odyssée s'avère plus ensoleillée, et tout aussi riche en émotions. Au programme: parcourir le Kerala jusqu'aux backwaters, en fuyant systématiquement les axes  principaux, puis grimper en direction des Ghats Occidentaux à  travers routes de montagne, réserves naturelles et plantations de thé. Periyar, Kodaikanal, Munnar, Ooty, Mudumalai… "Je suis venu pour vivre un long voyage à moto, me voilà servi!C'est une super expérience, même si j'aimerais passer plus de temps à chaque étape", explique Aadish, ingénieur fraîchement diplômé.

Car si l'Odyssée est un formidable moyen de s'immerger dans les ambiances et les paysages de l'Inde du Sud, elle n'a pas vocation à être touristique: "Les gens qui s'inscrivent à nos périples ne partent pas seuls car ils doutent de leurs capacités à planifier un itinéraire, surmonter un problème technique ou gérer les questions logistiques", commente Sachin Chavan, responsable marketing chez Royal Enfield. "On est là pour leur apporter assistance et conseils, développer leurs compétences et leur endurance, les pousser dans leur passion et leurs retranchements. Bref, les rendre suffisamment confiants et autonomes pour que, la prochaine fois, ils partent sans nous!".

Autre motivation: vivre une aventure humaine, personnelle et collective. "Je suis cadre à Bangalore", explique Mustafa. "Toute la journée, je m'entends pousser mes troupes, m'incitant moi aussi à m'impliquer toujours plus. Enfant, je me disais: quand je serai grand, j'aurai une Bullet (Royal Enfield, ndlr), une maison avec piscine et tennis…A moto, mes pensées s'ouvrent, je profite de l'environnement, du moment présent. Je me retrouve avec moi-même", affirme-t-il.

Professionnels débordés, étudiants en goguette, grandes gueules ou discrets, rêveurs ou fêtards, motards du dimanche ou expérimentés: "Chacun de nous est unique et a ses propres raisons d'être là", commente Gurpreet –lui-même parfait exemple d'esprit libre, avec sa moto vintage et ses turbans sikhs assortis à ses T-shirts de rebelle. Srini, tout heureux de partager ces quinze jours avec son fils Prahlad, étudiant aux Etats-Unis. Bhupie et Hardeep, jeunes retraités, pas coutumiers de ce type d'événement, venus pour vivre le moment…

Pour Pushkar, le médecin de la bande, la priorité, ce sont les rencontres. "J'ai participé au tour organisé par Royal Enfield dans le Rajasthan", explique-t-il. "Dix jours d'exception! Nous étions un petit groupe de douze, très soudé. On conduisait toute la journée, on arrivait tard le soir mais on trouvait tout de même l'énergie d'aller visiter les havelis!". Quitte à devoir parfois se plier au rythme des autres: "On passe pas mal de temps à s'attendre, concède Sachin. Quand on est seul, on a plus de flexibilité, de liberté."

Mais pas le plaisir de tracer la route ensemble. Se suivre, se dépasser, s'attendre, s'arrêter prendre un thé… De mots, point besoin. Un signe, un sourire, un regard: la route comme un lien, une occasion de partage. "Les deux derniers jours, on se déplaçait carrément en meute!", se souvient Gurpreet. "Pour moi qui ai l'habitude de voyager en solo, rouler en gang est une expérience marrante."

Au final? "3000km de chouette ride", estime Sachin. Quelques chutes mais rien de grave, des motards et leurs engins parfois poussés à bout mais ravis de l'aventure, de belles pointes d'adrénaline dans les virages en épine, quelques jolies rencontres de bord de route (dont des éléphants sauvages dans la réserve de Mudumalai), des moments envoûtants dans les brumes matinales ou au soleil couchant, beaucoup de rires, des chansons, des centaines de photos… Prochain round pour les participants? Pourquoi pas l'Himalayan Odyssey, en juin prochain. "Ou le Sikkim, tous ensemble, en prenant notre temps  et en dormant chez l'habitant", glisse Aadish… Affaire à suivre!

 

Itinéraire de la Southern Odyssey: Chennai – Karaikal – Rameswaram – Kanyakumari – Kottayam – Thekkady - Kodaikanal – Munnar – Valparai – Kotagiri (Anjanagiri Tea Estate) – Madikeri – Chikmaglur - Bangalore


0


0