Quand Delhi se fait jazzy

En juin dernier, la Global Music Institute, une école de musique inspirée des prestigieux établissements américains, a ouvert ses portes dans la capitale indienne. Rencontre avec les deux frères à l’origine du projet.

Tarun Balani (deuxième en partant de la gauche) et son frère Aditya (dernier sur la droite) ont fondé le Global Music Institue à Delhi

Aditya et Tarun Balani évoquent avec fierté leur école de musique flambant neuve, qui occupe un immeuble coquet niché au cœur du quartier commerçant de Lajpat Nagar, dans le sud de Delhi. Les deux frères, de 25 et 27 ans, ont ouvert en juin dernier le Global Music Institute, qui offre principalement des cours de jazz, leur domaine de prédilection, mais aussi de musique traditionnelle indienne, de blues, de funk et de R’n’B.

Originaires de Delhi, les Balani ont fait leurs classes à la célèbre école de musique de Berklee, à Boston. Après avoir envisagé de faire carrière là-bas, les deux frères ont finalement décidé de rentrer en Inde. " Mon rêve, c’était de jouer du jazz à New-York, " confie Tarun, le cadet, percussionniste de formation. "Mais je me suis vite aperçu qu’il est difficile de vivre de sa musique là-bas. C’est donc un peu par dépit que je suis rentré en Inde. Mais je pense qu’actuellement il y a beaucoup d’opportunités ici, les gens sont réceptifs à de nouvelles sonorités. "

Pour l’heure, le jazz est peu populaire auprès des Indiens. Mais Aditya, guitariste, se dit confiant. " Le public du jazz est en train de grandir peu à peu, même si pour le moment l’audience est encore restreinte. Le problème à Delhi c’est qu’il n’y a pas vraiment d’endroit où écouter du jazz, la plupart des clubs programment plutôt des concerts de rock, de pop… Avec nos groupes, on a plutôt l’occasion de jouer à Bombay, à Bangalore, ou à Pune, où il y a de vrais jazz clubs, et un public, " constate-t-il. " Mais on ne désespère pas de voir se créer une scène jazz à Delhi. D’ailleurs, le sous-sol de l’école est aménagé en petite salle de spectacle, à partir de l’automne on commencera à organiser des concerts. "

Image of Music in North India: Experiencing Music, Expressing Culture
Manufacturer: OUP USA
Part Number:
Price: EUR 24,97

Les vastes locaux, dont la décoration, épure et briques apparentes, évoque un loft new-yorkais, sont à l’image de la volonté des deux jeunes hommes d’importer en Inde un mode occidental d’enseignement de la musique. "On a voulu rendre la musique, occidentale mais aussi indienne, plus accessible, " résume Aditya. " C’est compliqué d’apprendre en Inde, il faut chercher un gourou, l’initiation peut prendre des années. Ici c’est simple, à l’occidentale. Il y a une structure, les gens viennent, prennent leurs leçons pendant un, deux, six mois, puis repartent. "

Pour autant, pas question de négliger la dimension spirituelle que requiert traditionnellement l’apprentissage en Inde. " On a quand même voulu maintenir la vision indienne de l’apprentissage de la musique, qui est avant tout un apprentissage de soi-même, " nuance Tarun. " Bien se connaître est absolument essentiel à nos yeux pour bien jouer de la musique. Donc, nos programmes de cours prévoient des séances de méditation et de yoga, quelle que soit la musique enseignée, pour garder cet aspect spirituel de l’apprentissage indien. "

0


0
Login or register to post comments