Posco fait face à une nouvelle vague d’opposition en Orissa

Des villageois s'opposent depuis le 8 juin au grand groupe sud-coréen Posco qui souhaite construire un complexe sidérurgique sur leurs terres. Des partis politiques et activistes sociaux soutiennent la population locale et appellent au dialogue.

Des habitants du village de Gobindapur dans l'Orissa empêche l'entrée sur leurs terres le 18 juin et s'oppose ainsi à la réalisation du projet de Posco

Soutenus par des activistes sociaux et des représentants de partis politiques les habitants du district de Jagatsinghpur en Orissa, s'opposent au projet du groupe sud-coréen Posco qui s’apprête à construire un complexe sidérurgique sur près de 1200 hectares dans cette région de l'est de l'Inde. Le gouvernement de l'Etat de l'Orissa a remis à aujourd'hui (lundi) sa décision sur le déferrement de terres à la multinationale dans le district de Jagatsinghpur.

Représentant le plus gros investissement direct étranger en Inde, ce complexe coûterait près de 12 milliards de dollars au géant mondial de l'acier Posco et lui permettrait d'exploiter, de fabriquer et d'exporter de l'acier à partir d’Inde. Mais, les paysans s'opposent à ce qu'on leur prenne leurs terres par la force alors qu'elles sont leur moyen de subsistance.

Des "barricades humaines"

Ils ont formé depuis le 8 juin des "barricades humaines", en plaçant les enfants en première ligne, pour bloquer l'entrée des villages concernés par le projet. Ils s'opposent au projet de Posco et demandent que l'usine soit construite sur d'autres terres. Ils affirment que ce sera désormais "la force contre les enfants".

Ces opposants au projet du géant de l'acier sud-coréen ont trouvé de nombreux soutiens. Sawni Agnivesh, activiste social qui avait notamment tenté de jouer les intermédiaires entre la guérilla maoïste et les forces paramilitaires au Chhattisgarh, s'est rendu samedi dans plusieurs villages dont celui de Govindpur. Il a fermement condamné l'acquisition de terres et a demandé au chef du gouvernement de l'Etat de l'Orissa de se rendre sur le terrain pour mieux prendre en considération les attentes des villageois.

Un groupe d'anciens leaders du parti du Congrès était aussi sur place samedi. Ils ont exprimé leur solidarité aux manifestants ainsi que leur opposition à toute acquisition de terres par la force.

Dimanche, trente membres du Bharatiya Janata Party (BJP), le principal parti d’opposition, ont manifesté dans plusieurs villages leur soutien aux anti-Posco, "si le gouvernement de l'Etat ne met pas en place un dialogue avec les villageois, le parti devra porter l'affaire au parlement" a mis en garde l'un d'eux au quotidien The Hindu.

Un "jour noir" prévu mercredi pour protester contre Posco

D'autres activistes sociaux dont Medha Patkar sont attendus aujourd'hui dans l'Orissa. Les anti-Posco ont quant à eux annoncé que mercredi serait un "black day" (jour noir) pour manifester à nouveau leur opposition au projet.

Décidé en 2005, le projet Posco avait été retardé par le gouvernement central mais le ministre de l'Environnement avait finalement donné son accord final en mai dernier, précisant néanmoins que les droits des tribus et la loi sur la protection des forêts devraient être respectés.

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Ce n'est pas la première fois qu'une grande multinationale de l'acier se heurte à l'opposition des populations locales en Inde. ArcelorMittal, numéro 1 mondial de l'acier, n'avait pas réussi à acquérir les terres nécessaires à l'un de ses précédents projets dans l'est de l'Inde et d'autres avaient été fortement retardés pour les mêmes raisons. Le géant de l’Aluminium Vedanta avait également vu son projet d’exploitation minière en Orissa rejeté par le ministère indien de l’Environnement en août dernier.

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