Pogrom du Gujarat : 23 personnes condamnées

Un tribunal indien a condamné 23 personnes pour un massacre commis il y a dix ans dans l’Etat du Gujarat, lors d’une des pires vagues de violences interreligieuses depuis l’Indépendance.

L’incendie de Godhra avait déclenché un déferlement de violence ciblant la communauté musulmane en 2002 au Gujarat

10 ans après la vague de violence qui a ensanglanté le Gujarat (ouest), la justice rattrape enfin certains des coupables. Un tribunal spécial a condamné hier 23 personnes -et acquitté 23 autres-jugées pour leur participation au massacre de 24 musulmans dans la localité de Ode, le 1er et 2 mars 2002. C’est l’un des neuf procès pris en charge par une "Equipe Spéciale d’Investigation" (SIT), mise en place par la cour suprême indienne en 2008 pour enquêter sur les émeutes interreligieuses au Gujarat.

Selon les juges, une foule de 1500 personnes avait à l’époque mis le feu à un immeuble de trois étages, dans lequel s’étaient refugies plusieurs dizaines de membres de la communauté musulmane, après avoir scellé la porte d’entrée. 23 personnes sont mortes dans l’attaque alors que seules quelques unes sont parvenues à s’échapper et ont témoigné lors du procès par la suite. Les 23 condamnés ont été reconnu coupable de complot et 18 d’entre eux de meurtre, selon le quotidien The Hindu.

Trois condamnations en 10 ans

Ce verdict survient cinq mois après une première condamnation dans les "émeutes" interreligieuses du Gujarat qui ont opposé les communautés hindoues et musulmanes dans l’Etat. En novembre dernier, 31 personnes ont effet été condamnées à réclusion à perpétuité pour leur participation à un massacre similaire, commis le 28 février 2002, au lendemain du déclenchement des violences au Gujarat. En février 2011, 31 personnes ont également été condamnées pour avoir mis le feu au wagon du train stationne dans la ville de Godhra (Gujarat), causant la mort de 59 religieux hindous, le 27 février 2002. C’est cet incident qui a déclenché le pogrom anti-musulman qui a fait près de 2000 morts dans l’Etat.

Image of Pogrom in Gujarat: Hindu Nationalism and Anti-Muslim Violence in India
Manufacturer: Princeton University Press
Part Number:
Price: EUR 24,12

Si elles arrivent près de 10 ans après les faits, ces décisions de justice sont importantes en Inde, où les violences interreligieuses sont rarement condamnées, en particulier lorsque le parti au pouvoir est directement ou indirectement impliqué. Personne n’a encore été condamné par les émeutes anti-sikhes de 1984, qui ont fait plus de 3000 morts à New Delhi et ont été au minimum encouragée par le parti du Congrès qui voulait se venger de l’assassinat d’Indira Gandhi. Au Gujarat, le gouvernement nationaliste hindou de Narendra Modi est accusé d’avoir laissé le champ libre aux émeutiers après l’incendie de Godhra.

0


0
Login or register to post comments