Mamata Banerjee met fin au règne communiste au Bengale occidental

Le parti régional du Trinamool Congress a remporté une victoire historique aux élections législatives de cet Etat de l’est de l’Inde, mettant un terme à 34 ans de gouvernance communiste ininterrompue.

Mamata Banerjee s'est adressée à ses sympathisants venus célébrer sa victoire devant sa résidence de Calcutta ©AFP

"La victoire du peuple contre des années d’oppression"

Ce vendredi 13 restera dans les annales comme une date cruellement symbolique pour le Parti Communiste Indien –Marxiste (CPI-M). Battus par le Trinamool Congress de l’actuelle ministre des chemins de fer Mamata Banerjee, lors des élections législatives régionales qui ont débuté le 18 avril dernier, les communistes passent la main après plus de trois décennies au pouvoir au Bengale occidental.

"C'est la victoire du peuple contre des années d'oppression", a déclaré Mme Banerjee, devant une foule réunie devant sa modeste résidence de Calcutta. Selon des résultats partiels, le parti du Congrès Trinamool et ses alliés avaient remporté 218 des 294 sièges de l'assemblée régionale contre 67 sièges pour les marxistes.

Au pouvoir depuis 1977 dans cet Etat de l’est de l’Inde bordant le Bangladesh, la coalition de gauche mené par le CPI-M était le plus vieux gouvernement communiste élu au monde. Le chef du gouvernement régional Buddhadeb Bhattacharjee, qui a été battu dans sa circonscription, a démissionné, alors que plusieurs "bastions rouges" sont tombés aux mains du Trinamool.

Depuis l'Afghanistan où il est en visite, le Premier ministre indien, Manmohan Singh, a appelé Mme Banerjee pour la féliciter, alors que cette femme célibataire pourrait désormais embrasser un destin national.

Mamata Banerjee, qui se présente comme le chantre des pauvres, lutte sous la bannière du principal parti d'opposition, le parti du Congrès Trinamool, qu'elle a fondé et qu'elle préside. Surnommée "didi" ("grande soeur" en hindi), cette femme de 56 ans a tiré profit d'une vague de mécontentement de la population qui juge désastreux le bilan économique du parti communiste et accuse le gouvernement d'avoir fait du Bengale occidental un Etat criblé de dettes.

Politique populiste et populaire

Née dans une famille modeste de Kolkata (Calcutta), Mamata Banerjee débute sa carrière politique au sein du parti du Congrès dans les années 70 avant de faire scission et de créer le All Indian Trinamool Congress en 1997. Cette nouvelle formation politique devient rapidement le principal parti d’opposition dans l’Etat et affronte, parfois directement, les communistes.

Accusée par ses détracteurs d’user de tactiques populistes, Mamata se positionne en défenseuse des agriculteurs expropriés, remportant une certaine popularité dans l’Etat. Lors de l’épisode de Nandigram en 2007, elle écrit au gouvernement fédéral pour protester contre un projet industriel soutenu par les communistes. Le CPI-M avait envoyé 3000 policiers pour disperser les manifestants qui s’opposaient à la réquisition d’un terrain de 40km carrés, destiné à être transformé en zone industrielle.

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L’année suivante, le chef du Trinamool récidive en s’opposant à la construction de l’usine Nano de Tata à Singur. Le constructeur automobile sera finalement contraint de plier bagage et de relocaliser son projet au Gujarat.

Après bon score du Trinamool, allié clé du parti du Congrès au Bengale occidental, aux élections législatives nationales de 2009, Mamata Banarjee est nommée ministre des chemins de fer, un portefeuille important au sein du gouvernement indien. En accédant à la tête de son Etat, elle confirme aujourd’hui sa carrure politique nationale.

Dans les autres Etats, le parti du Congrès est sorti vainqueur dans l'Assam (nord-est) et dans le Kerala, Etat du sud qui était également gouverné par les communistes. Le Congrès a en revanche perdu dans le Tamil Nadu (sud-ouest), où son allié le DMK a été battu par le AIADMK, de l'ancienne starlette du cinéma, J. Jayalalithaa ainsi que Pondichéry, petit territoire politiquement sans signification.

Ces élections étaient considérées comme un mini-référendum pour la coalition au pouvoir et le Premier ministre Singh, 78 ans, paralysés par des scandales de corruption et sous pression en raison d'une inflation galopante. "La performance du Congrès est très bonne. Ils sont globalement dans une position confortable", a estimé Sanjay Kumar, analyste politique à New Delhi.

Avec la victoire de Mme Banerjee et celle de Mme Jayalalithaa, quatre Etats indiens seront dirigés par des femmes, avec Mme Mayawati déjà au pouvoir dans l'Uttar Pradesh et Sheila Dikshit à New Delhi

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Portrait de alokjnu

le changement au Bengal Occidentale était nécessaire, donc cette fois les habitants de cet état ont montré que dans le pays république,c'est eux qui sont plus puissants

alok



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