L'Iran prêt à stopper ses livraisons de pétrole à l'Inde si elle ne paye pas ses arriérés

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L'Iran est prêt à stopper ses livraisons de pétrole à l'Inde si New Delhi ne parvient pas à régler rapidement ses difficultés de paiement, a averti mardi le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Ramin Mehmanparast.

"L'Iran reconsidèrera naturellement (ses ventes à l'Inde) s'il a le sentiment que le pétrole exporté ne peut pas être payé avec ponctualité et selon les modalités qu'il souhaite", a déclaré M. Mehmanparast interrogé sur cette question au cours de son briefing hebdomadaire.

L'Inde se débat depuis six mois dans d'inextricables difficultés pour payer à Téhéran son pétrole en devises, les différents canaux bancaires asiatiques, moyen-orientaux ou européens qu'elle utilisait s'étant fermés l'un après l'autre en raison des sanctions économiques frappant l'Iran pour son programme nucléaire controversé.

Téhéran refusant d'être payé en roupies, les compagnies indiennes ont accumulé depuis avril environ cinq milliards de dollars d'arriérés de paiement, a indiqué lundi le gouverneur de la banque centrale iranienne Mahmoud Bahmani cité par l'agence officielle de presse Irna. L'agence Fars, citant un "responsable" non identifié du ministère iranien du Pétrole, a affirmé de son côté lundi que ce ministère avait suspendu toute autorisation d'exportation vers l'Inde à partir du 1er août.

"Il est très probable que, si le problème de paiement n'est pas résolu, l'Iran cessera ses exportations vers l'Inde et que les raffineries indiennes devront se procurer leur brut auprès d'autres fournisseurs", a ajouté ce responsable cité par Fars.

Interrogé par l'AFP, M. Mehmanparast n'a ni confirmé ni démenti cette information, indiquant simplement que Téhéran "examine la situation" et que "s'il y a un problème, la transaction (avec l'Inde) sera stoppée".

L'Inde, qui achète 400.000 barils/jour de brut iranien, est le deuxième client de l'Iran après la Chine. L'Iran est, pour sa part, son deuxième fournisseur après l'Arabie saoudite.

Téhéran avait annoncé début juillet avoir donné un "avertissement sérieux" à ses clients indiens, tout en affirmant espérer conserver un marché qui absorbe 20% de ses exportations de brut. "Les négociations avec les Indiens pour régler le problème continuent et nous espérons parvenir le plus rapidement possible", avait alors précisé un haut responsable du secteur pétrolier.

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