L'Inde et la Chine ne sont pas rivales, affirme Wen Jiabao en visite à Delhi

L’avenir des relations entre la Chine et l'Inde repose sur le partenariat et non sur la rivalité, a affirmé mercredi à New Delhi le Premier ministre chinois, promettant de redresser le déséquilibre des échanges commerciaux entre les deux géants asiatiques.

Le Premier ministre chinois Wen Jiabao a entamé une visite de trois jours en Inde ©AFP

Le Premier ministre Wen Jiabao est arrivé mercredi en Inde avec une délégation de 400 hommes d'affaires pour une visite, la première en cinq ans, visant à renforcer des relations ébranlées par des désaccords commerciaux et territoriaux. "La Chine et l'Inde sont partenaires dans la coopération et non rivaux dans la compétition", a-t-il déclaré à l'occasion d'une rencontre économique au premier jour de sa visite au cours de laquelle il devrait signer des accords pour près de 16 milliards de dollars.

Leurs tensions commerciales liées à la course aux marchés mondiaux et aux matières premières pour alimenter la croissance de leur économie ont exacerbé leurs différends concernant leurs frontières communes et les activités du dalaï lama, considéré par Pékin comme un dangereux séparatiste.

En dépit des tensions, les relations économiques sont en plein essor, avec des échanges devant atteindre 60 milliards de dollars pour l'année budgétaire s'achevant en mars, en hausse par rapport aux 42 milliards un an plus tôt. Prenant acte des inquiétudes de l'Inde concernant un surplus dans les échanges commerciaux en faveur de la Chine compris entre 18 et 25 milliards de dollars, Wen Jiabao a assuré que la Chine était prête à "faciliter l'accès" des produits technologiques et pharmaceutiques indiens au marché chinois. "Il y a assez de place dans le monde pour le développement de la Chine et de l'Inde", a-t-il ajouté.

Relations bilatérales "fragiles"

A la veille de la visite de Wen Jiabao, l'ambassadeur de Chine à New Delhi, Zhang Yan, avait qualifié les relations bilatérales de "fragiles" et jugé qu'elles requéraient "une attention particulière". Wen Jiabao rencontrera aujourd’hui (jeudi) son homologue Manmohan Singh pour des discussions qui devraient aborder la question de leurs revendications territoriales le long de la chaîne himalayenne, responsables d'une brève guerre, sanglante, en 1962.

La Chine avait fermement condamné l'an dernier la visite de M. Singh et du dalaï lama dans l'Etat de l'Arunachal Pradesh (nord-est), que Pékin revendique dans son intégralité. D'autres motifs de discorde planent aussi sur les relations bilatérales, tels que l'accueil mitigé de la Chine à la demande indienne d'obtention d'un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies. Des centaines de Tibétains en exil ont manifesté à New Delhi contre l'administration chinoise au Tibet, à l'appel du Congrès des jeunes Tibétains (TYC) qui milite pour l'indépendance de cette région himalayenne étroitement contrôlée par Pékin.

L'Inde abrite des milliers d'exilés tibétains dont le chef spirituel des Tibétains, le dalaï lama, qui vit à Dharamsala, dans le nord du pays, depuis sa fuite du Tibet en 1959 à la suite d'un soulèvement antichinois. Selon Harsh V. Pant, du département des études sur la défense au King's College de Londres, les tensions entre les deux poids lourds sont inévitables au sein d'une relation qui aidera à définir l'équilibre mondial du XXIe siècle.

"Une histoire troublée, associée à des incertitudes structurelles engendrées par leur croissance simultanée, propulse les deux pays vers une trajectoire qu'ils devraient trouver difficile pour gouverner dans les années qui viennent"
, a-t-il prédit.

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