L'Inde appelle à prolonger les négociations sur le climat en 2010

L'Inde n'a rien cédé lors de la conférence de Copenhague sur le réchauffement climatique qui s'est terminée vendredi. Appelant les pays développés à réduire davantage leurs émissions, New Delhi s'est montrée réticente à tout engagement significatif qui pourrait nuire à sa croissance.

Reflet de la position indienne avant et pendant le sommet de Copenhague, l'annonce était prévisible. Estimant vendredi que l'issue de la conférence internationale sur le réchauffement climatique était "en-deçà des attentes" de l'Inde, son Premier ministre Manmohan Singh a appelé à la poursuite des négociations en 2010 afin de "construire un accord réellement global et une réponse authentiquement solidaire au changement climatique dans le courant de l'année 2010".

Le chef du gouvernement indien avait rappelé dans un communiqué avant de rendre dans la capitale danoise, jeudi dernier, que L'Inde ne pouvait accepter un accord sur le réchauffement climatique qui empêcherait des millions de gens de sortir de la pauvreté.

"On ne peut faire face au changement climatique en perpétuant la pauvreté des pays émergents", avait-t-il déclaré, rappelant que que les pays développés devaient prendre en compte les inquiétudes des nations les plus pauvres sur l'impact d'un accord sur leur croissance économique.

Sous pression après une annonce chinoise inattendue, l'Inde avait annoncé quelques jours avant la conférence viser un objectif de réduction de ses rejets carboniques de 20 à 25% d'ici à 2020, par rapport à 2005. Mais le pays, l'un des plus gros pollueurs de la planète, a catégoriquement rejeté tout objectif contraignant de réduction d'émissions.

"Nous voulons faire plus à condition qu'il y ait des dispositions crédibles pour apporter à la fois un soutien financier supplémentaire et des transferts technologiques des pays développés vers les pays émergents", a déclaré vendredi le Premier ministre. Pour ce pays de plus d'un milliard d'habitants, les pays riches sont historiquement responsables du réchauffement climatique et doivent financer les efforts des pays en développement.

L'Inde avait déjà critiqué mercredi l'avancée des discussions, qualifiant de "décevants" les chiffres annoncés par les pays riches pour lutter contre le réchauffement climatique.

"Nous avons souligné que les pays développés devaient présenter des chiffres ambitieux de réduction des émissions" de gaz à effet de serre, avait alors déclaré à des journalistes la secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, Nirupama Rao. Cette question est "au coeur" du sommet de Copenhague et "sera cruciale pour son succès" mais "les chiffres présentés jusqu'à présent sont malheureusement décevants", avait-t-elle estimé.

Les engagements annoncés à ce jour par les pays industrialisés à l'horizon 2020 représentent, mis bout à bout, une baisse d'environ 12% à 16% de leurs émissions par rapport à 1990, loin de la fourchette de 25% à 40% mise en avant par les scientifiques. Le but de la conférence, qui s'est ouverte le 7 décembre et s'est terminée vendredi, était de trouver un accord apportant la meilleure riposte possible au changement climatique et pouvant entrer en vigueur début 2013, afin de remplacer l'actuel protocole de Kyoto sur le climat qui expire en 2012.

Lors des deux semaines pendant lesquelles se tenait la conférence, l'Inde a campé fermement sur sa position, insistant sur le fait que les pays riches sont historiquement responsables du réchauffement climatique et doivent financer les efforts des pays en développement.

L'Inde et plusieurs autres pays émergents avaient notamment insisté pour que le protocole de Kyoto, qui vise les pays développés, ne soit pas mis à plat lors de Copenhague. 

 


Image of Le réchauffement climatique en débats : Incertitudes, acquis et enjeux
Manufacturer: Ellipses Marketing
Part Number:
Price: EUR 14,70
0


0