Les travailleurs indiens entament une grève générale

Des millions d’ouvriers indiens sont en grève à travers le pays ce mardi pour protester contre l’inflation et la dégradation de leurs conditions de travail et la privatisation des entreprises d’Etat. Une nouvelle épine dans le pied du parti du Congrès au pouvoir, défenseur autoproclamé des "Indiens moyens"

Des millions d'Indiens ont suivi la grève générale à travers le pays mardi

Une grève générale a été suivie par des millions de travailleurs indiens appartenant à plusieurs secteurs de l’économie ce mardi, soutenus par les principaux syndicats et des milliers d’autres affiliés à divers partis sur l’ensemble de l’échiquier politique. L’arrêt du travail, qui touche notamment le secteur bancaire, la poste, les transports et les entreprises publique de télécoms, est organisé pour protester contre l’inflation galopante qui affecte le pouvoir d’achat des travailleurs, contre les privatisations et pour obtenir une meilleure protection sociale pour les travailleurs.

Le Tripura (nord-est), le Kerala (sud) et le Bengale occidentale (est), Etats ou les communistes sont encore très influents, pourraient être particulièrement touchés par la grève. Au Kerala, la plupart des magasins sont restés fermés et les transports publics paralysés, alors que la vie n’a pratiquement pas été affectée à Calcutta, la capitale du Bengale occidental. Dans la capitale indienne, le gouvernement s’est assure que l’approvisionnement en eau et en électricité ne serait pas perturbé.

L’inflation et le respect du droit du travail au cœur des revendications

Le respect du droit du travail, l’accès à la sécurité sociale et à la retraite pour les travailleurs non syndiquées, et l’arrêt de la privatisation partielle d’entreprises publiques par le gouvernement de Manmohan Singh -qui cherche a réduire ainsi le déficit budgétaire- figurent parmi les principales revendications des grévistes.

La hausse des prix, que le parti du Congrès au pouvoir s’est montré incapable de contrôler depuis un an, est en toile de fonds de cette grève générale, la quatorzième depuis l’ouverture économique de l’Inde en 1991, dont M. Singh, ministre des Finances à l’époque, est l’architecte. L’inflation reste en effet à 7,5% alors que la croissance indienne, prévue de dépasser les 8% cette année, a récemment été revue à la baisse (7%).

"Nous allons devoir réfléchir à nos prochaines actions si le gouvernement ne propose pas de solutions à nos revendications", a déclaré au quotidien The Hindustan Times Sanjeeva Reddy, le président du Indian National Trade Union Congress, syndicat affilié au parti du Congrès.

Cette grève générale continue d'ecorner un peu plus le parti au pouvoir, qui s’est fait elire en 2004 et 2009 en s’autoproclamant défenseur de l’aam aadmi ("L’Indien moyen", soit l’Indien pauvre), alors que des élections régionales ont actuellement lieux dans cinq Etat, dont l’Uttar Pradesh (nord), le plus peuplé d’Inde et donc un des plus cruciaux. De nombreux travailleurs affiliés au Congrès se sont par ailleurs joint aux manifestants à travers l’Inde ce mardi.


Le malaise des travailleurs indiens

La libéralisation économique de l’Inde a progressivement entrainé la privatisation des entreprises publiques en Inde et un affaiblissement des syndicats, selon ces derniers, alors que les entreprises privées font de plus en plus appel à des travailleurs intérimaires, lesquels sont moins protégés par le droit du travail.

Si la loi indienne garantie le droit depuis 1926 le droit de former un syndicat au sein d’une entreprise, la création d’un nouveau syndicat doit être approuvée par l’entreprise en question, qui s’y oppose souvent, en collusion avec le principal syndicat existant, selon les travailleurs. La grève, en octobre dernier, des ouvriers de l’usine Maruti-Suzuki, joint venture automobile indo-japonaise, dans l’Etat d’Haryana (nord) est une des plus récente illustrations de ce malaise des travailleurs indiens.

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Portrait de tamilexpress

Ces mouvements de grève sont nécessaires à l'amélioration du niveau de vie des travailleurs.

Premier site d'informations francophone sur l'Inde et le Sri Lanka: www.tamilexpress.fr



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Cette fronde est menée par des Partis Communistes Indiens complètement en ruine: http://tamilexpress.fr/news-lire-la-suite-nv45.html

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