Le mercure menace de faire sauter le thermomètre indien

La chaleur a prématurément étourdi l’Inde ce mois-ci, avec une moyenne de température avoisinant les 40°C. Une canicule qui inquiète à nouveau le pays après la sécheresse de l’été dernier.

L'Inde est sur le point de faire exploser son thermomètre. La population de New Delhi a sué sous 43,7°C le week-end dernier tandis qu'à Ganganagar (Rajasthan) les Indiens subissaient 47°C. C'est une température exceptionnelle de 5 à 6°C supérieure à la normale qui a envahi le pays au cours de ce mois d'avril, avec un pic de chaleur qui n'avait pas été atteint depuis 52 ans.  Le mois dernier s'était déjà révélé le deuxième mois de mars le plus chaud depuis 1901 à Delhi, d'après l'India Meteoroligical Départment. Un bilan alarmant.

La chaleur a déjà fait 106 victimes en Inde, la majorité en Orissa.  La mort de 60 habitants dans cet Etat de l'est de l'Inde, où la température a atteint les 46,2°C, a incité le gouvernement régional à fermer les écoles prématurément. La date des vacances scolaires d'été, initialement prévue du 1er mai au 16 juin, a été avancée au 20 avril.

L'action a été accueillie avec reconnaissance, comme le témoigne Sivani, un collégien à Bhubaneshwar (Orissa) dans The Times of India : « La chaleur est insupportable et le taux d'humidité nous rend la vie difficile. Nous ne pouvons pas rester dans nos maisons, alors comment pourrions nous étudier à l'école? Nous nous félicitons de cette décision ».

Si les populations peuvent encore se prémunir de la chaleur, la protection de leurs récoltes se révèle plus compliquée. « Il est prévu que l'Inde produise 82 millions de tonnes de blé, mais il pourrait y avoir une pénurie de 1 à 1,5 millions à cause de la vague de chaleur », indique Veena Sharma, secrétaire générale de la fédération Milliers de rouleaux de farine en Inde dans Gulf Times.

Même la nuit, la chaleur fait planer une ombre sur les productions agricoles, comme l'explique Said Jagdish K Ladha, de l'Institut International de recherches sur le riz: « Les basses températures ont un lien avec la fertilité du riz. Quand elles sont plus élevées que les températures nocturnes habituelles, les grains de riz ne sont pas correctement remplis, menant à une baisse du rendement ». Cette situation délicate pourra cependant être évitée si la mousson se montre clémente.

En se basant sur le phénomène El Niño, les scientifiques indiens estiment que la mousson devrait être normale cette année. Rupa Kumar Kolli, un expert du climat à l'Organisation Mondiale Météorologique, a indiqué dans Zenews que ce phénomène climatique, lié à un réchauffement anormal de l'océan Pacifique, était susceptible d'être neutralisé en mi-juin par un refroidissement de la température  de la surface de la mer. Cette analyse est toutefois balayée par des chercheurs japonais qui sont persuadés du contraire et insistent sur le caractère imprévisible d'El Niño.

75% des ressources en eau apportées par les pluies sont actuellement en jeu. La mousson de l'année passée a été la plus basse enregistrée depuis 37 ans en Inde. Si ce scénario se renouvelle, cela pourrait être dramatique pour beaucoup de récoltes, qui dépendent directement des précipitations. A plus long terme, Il pourrait y avoir une répercussion sur les nappes phréatiques.

Autre dommage collatéral de la canicule qui contribue à renforcer le phénomène du changement climatique : la climatisation, dont l'utilisation excessive entraine de nombreuses coupures de courant dû à la surconsommation ainsi qu'un regain de pollution.  


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