Le fisc enfonce les portes de la ligue de cricket indienne

Le département des impôts a perquisitionné les bureaux de plusieurs équipes de la lucractive et scintillante Première Ligue de Cricket indienne. Les résultats de l’enquête sont presque aussi attendus que la finale du tournoi, qui se déroulera dimanche.

L'exclusion de Shashi Tharoor du gouvernement le weekend dernier n'était que la pointe de l'iceberg. Accusé de tremper dans une embarassante affaire liée à une des nouvelles équipes de la ligue indienne de cricket (IPL), le ministre déchu a mis la puce à l'oreille du ministère des Finances, qui a décidé de creuser plus profond.

Les locaux de quatres équipes de l'IPL- toutes des franchises privées-ont été perquisitionnés mercredi, alors que se jouait la première demi-finale du tournoi à Mumbai. Selon la BBC, les bureaux de trois compagnies diffuseuses des matchs de la prestigieuse ligue indienne ont également été fouillés par des agents du Income Tax (I-T) department (l'équivalent du fisc français).

Ces derniers avait d'abord perquisitionné la semaine dernière dans les bureaux mumbaikars de l'IPL. La ligue indienne fonctionne comme un groupe autonome, gérant le championnat avec un budget séparé du BCCI (Board of Control for Cricket in India), l'autorité indienne de cricket en Inde depuis 1928. "Certaines informations n'étaient pas accessibles, c'est pourquoi nous avons décidé de mener ces enquêtes", ont expliqué les agents du I-T au Hinudustan Times.

Tout a commencé le 11 avril, lorsque le président de l'IPL Lalit Modi a dévoilé sur Twitter les noms des propriétaires de la nouvelle équipe de Cochin (Kérala), qui doit faire ses débuts la saison prochaine. Il aurait ensuite affirmé publiquement sur le même site de réseau social que le ministre délégué aux Affaires étrangères Shashi Tharoor lui avait demandé de taire le nom d'un des propriétaires, une de ses amies proches.

Le "scandale" n'a pas échappé à l'I-T, qui s'est soudainement interrogé sur le fonctionnement  et le financement de la multi-milliardaire ligue de cricket indienne, créée en 2007.  Depuis, l'IPL est la cible d'accusations de blanchiement d'argent, de corruption et de paris illégaux, entre autres. Clubs, sponsors, organisateurs, diffuseurs, tous les acteurs associés à l'IPL sont à présent dans le collimateur des impôts.  

Les inspecteurs du fisc affirment notamment avoir déjà récolté des « preuves accablantes d'irrégularités », dans les comptes des Knight Riders de Kolkata (Calcutta), l'équipe dont l'acteur Shah Rukh Khan est propriétaire, selon plusieurs quotidiens indiens. Une équipe d'inspecteurs aurait également été envoyée à l'île Maurice pour enquêter sur des suposées compagnies fictives, soupçonnées d'avoir injecté de l'argent sale dans les clubs de l'IPL.

Dans un cas d'école de "l'aroseur arosé ", c'est celui qui avait mis le feu aux poudres, Lalit Modi, qui se retrouve désormais dans la ligne de mire du fisc et du BCCI. Selon le Hindustan Times, l'autorité indienne de cricket serait en train de monter un dossier contre le président de l'IPL pour avoir "abuser de son autorité pour son gain personnel et celui de proches". Il a été interrogé pendant plusieurs heures, jeudi, à sa résidence de Mumbai par l'I-T.

La démission de Lalit Modi ne serait désormais qu'une question de jours. Le BBCI devrait démettre le président de l'IPL de ses fonctions lors d'une réunion de son conseil de gouvernance prévue le 26 avril. La finale de dimanche entre Chennai et Mumbai, Boycotté par les membre du BCCI, risque fort dêtre son dernier moment de gloire. La success story de l'IPL en prend un coup.


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