La croissance indienne chute sous la barre des 7%

L’Inde pourrait enregistrer son taux de croissance le plus faible depuis trois ans en 2012, traduisant un ralentissement dans plusieurs secteurs de l’économie en particulier l’industrie, affectée par une inflation forte.

Deux mois après avoir livré une prévision d’environ 7,5% pour la croissance pour l’année fiscale 2011-2012, le gouvernement indien a revu ce chiffre à la baisse mardi, annonçant finalement 6.9%, soit le taux le plus bas depuis plus de trois ans. Cette chute importante du taux de croissance de l’économie indienne, estimée à 8,4% pour la même période l’année dernière, reflète la perte de vitesse de plusieurs secteurs, en particulier l’industrie, affaiblie par une forte inflation et la hausse répétée des taux d’intérêts par la banque centrale depuis un an.

"La raison principale du déclin de la croissance du PIB est le ralentissement de l’industrie"
, a déclaré au quotidien The Telegraph le ministre indien des Finances Pranab Mukherjee, qui entretient néanmoins l’espoir d’une "révision à la hausse" lors de la publication finale des statistiques officielles. De leur côté, les industriels dénoncent les taux d’intérêts élevés, responsables de la baisse des investissements et de la demande.

Image of India's New Economy: Industry Efficiency and Growth
Manufacturer: Palgrave Macmillan
Part Number:
Price: EUR 86,90

Le secteur industriel a enregistré une croissance de 3,6% seulement, contre 7,6% l’année dernière. Une faible performance qui s’explique par le cout élevé de l’emprunt pour financer de nouvelles infrastructures les dettes des entreprises. Afin d’enrayer l’inflation galopante, la banque centrale indienne (Reserve Bank of India) a, depuis mars 2010, en effet augmenté à 13 reprises ses taux d’intérêts qui ont désormais atteint les 8,5%.

Le secteur agricole devrait lui aussi enregistrer une croissance de seulement 2,5%, contre 7% l’année précédente, alors que le secteur minier pourrait lui chuter de 2,2%, après avoir atteint 5.5% de croissance en 2010-2011. Le PIB de l’Inde, dont le quart provient du commerce extérieur, a également été affecté par un Euro faible et la reprise lente des économies américaine et japonaise. L’agence de notation Standards and Poor’s a menace lundi d’effectuer un déclassement de la réputation de solvabilité d’investissement de l’Inde.

0


0
Portrait de philippe65

Bonjour,
Le mauvais résultat de la croissance indiennes n’est pas seulement dû au fait de l’inflation, il est vrai, galopante. Elle provient aussi du fait que les indiens, dans l’immense majorité des cas, ne s’investissent pas dans leur travail. Ils travaillent pour avoir de quoi se nourrir, se vêtir, frimer en s’achetant, par exemple, des téléphones portables dernier cri, quitte à n’en maitriser même pas le quarts du huitièmes des fonctionnalités des susdit appareils. Plus l’on descends dans la hiérarchie sociale indienne, plus ce phénomène est visible. Pour toute une partie de la population de « Mother India », l’on trouve des gens qui ne vivent qu’au jour le jour « carpe diem » disait le poète romain Horace…mais pour d’autre, le jour le jour se transforme en instant présent et rien de plus. Une bonne partie de la population ne sait gérer ni son temps et encore moins son argent. Que l’on ait quelque argent, il faut s’empresser de le dépenser, de montrer que l’on « a », de jouer les Maharajas…Maharajas de quelques heures, ou de quelques jours, Maharajas de papiers, bien loin des principes des vrai et nobles princes des temps passés.
De plus, les sociétés étrangères sont entrain de s’apercevoir que, même si tout va mal au sein d’une société partenaires ou d’une succursale indienne, les managers ne vont pas leur en faire part. Comme le dit la chanson « tout va très bien madame la marquise… » dire que l’on a des problèmes de structures, de personnels ou autres, cela implique de devoir s’expliquer. Cela implique aussi une remise en question des structures et cela implique aussi une sorte de faiblesse et/ou de défaillance à un certain niveau. Or il est nettement plus aisé de ne rien dire, et si la situation devient très tendue, de mettre la faute sur les autres, les employés ou les infrastructures qui, il est vrai sont désastreuses pour un pays qui pourrait et devrait être au même niveau que la Chine…mais pour cela il est impératifs que les mentalités changent, que l’éducation, tant scolaire que parentale, soit améliorée.
L’Inde est en train, journellement, de devenir une sorte de monde, une société à plusieurs vitesses et ce phénomène est très dangereux pour l’avenir de « Mother India ».
Seuls les grands groupes tels que Tata, Hinduja, Birla, Reliance, Mittal etc propulsent l’Inde en avant…et savent ce que le mots travailler sans exploiter leurs employés signifie. Les autres ont une fâcheuse tendance à se prendre pour des pachas, de puissants hommes d’affaires, mais, qui en définitives, ne sont que des nains prétentieux et imbus d’eux-mêmes. Pour une grande partie de la population indienne, hélas fortes ignorantes, cela donnent le change, mais sur la scène internationale, il n’est pas de même. Heureusement !!!
Pour anecdote, j’ai travaillé, pendant plus de 5 mois, pour une de ces petites sociétés indiennes, dont par « charité chrétienne », et ce, pour rester dans la réserve des mots, je préférerais taire le nom car, outre les promesses jamais tenues et les mensonges journaliers, ils ne m’ont jamais payés. Pire, ils m’ont insulté lorsque je leur ai présenté ma démissions… heureusement, ils ne sont pas tous ainsi !!!
N’allez pas croire que ce texte n’est pas dur, mais il reflète aussi une réalité qui échappe à la grande majorité des occidentaux, surtout ceux qui ne sont jamais venus en Inde ou, qui y ont séjourné que pour des vacances éphémères, bercées par la douceur du climat et la gentillesse des habitants. Pour ma part j’y vis depuis 2004 et, malgré tous ses défauts, ce pays est une mosaïque de peuples et de cultures fascinantes…mais qui parfois peut devenir un tantinet agaçantes.
JAI HIND !!
Philippe H



Portrait de tamilexpress

Je ne pense pas que les Indiens veulent consommer comme des maharadjas. L'Inde est en plein boom économique et les revenus des Indiens, malgré une forte inflation, ont beaucoup augmenté. Cette explosion de la consommation liée à l'augmentation des revenus se voit dans tous les pays en boom économique, ainsi a-t-on pu le voir en France durant les 30 Glorieuses où les classes moyennes ont massivement acheté des produits électroménagers.
Cette inflation galopante a entraîné la Banque Centrale Indienne a augmenté ses taux d'intérêts pour pouvoir la contrôler. Avec un taux d'intérêt élevé à 10%, il est très difficile d'investir.

Premier site d'informations francophone sur l'Inde et le Sri Lanka: www.tamilexpress.fr



Portrait de sherkhan

Bonjour, je rejoins ce que dit Philippe 65. J'ai souhaité importé pour le Canada une grosse quantité (plusieurs centaines de kilos) de thé en provenance du Kerala. Il fallait que cette commande soit livrée impérativement début février. Après être tombé d'accord sur le prix, J'ai passé ma commande en septembre, j'ai envoyé des dizaines et des dizaines de courriels, il se passait parfois 2 semaines avant d'avoir une réponse, je téléphonais mais je n'avais jamais la bonne personne au bout du fil, bref, finalement fin janvier, l'on me propose de m'envoyer la marchandise par bateau mais celle ci devait d'abord transiter par Dubai et elle ne serait arrivée que fin février. Une affaire de loupée! Rebelote, je tente un autre business avec une autre société indienne mais cette fois ci dans l'importation de bougies: des milliers! je vous épargne les détails , mais j'ai eu exactement les mêmes soucis qu'avec l'importation du thé. Je me dirige vers les chinois, ma commande était partie 24 h plus tard!!! Dommage, car les produits indiens sont parfois de grande qualité. J'aimerai bien qu'un industriel indien comprenant le français, tombe sur les commentaires de Philippe ainsi que les miens...



Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires