L’Inde, nouvelle destination chirurgicale

L’Inde est devenue le paradis du tourisme médical. Interventions moins chères, grands spécialistes chirurgicaux et tourisme à portée de main : une formule qui séduit, malgré quelques réticences initiales sur les conditions sanitaires

Avec une croissance de 20 à 25% par an, le tourisme médical en Inde devrait représenter une activité de 1,5 milliards d'euros en 2012, soit cinq fois plus qu'en 2004. Un engouement qui s'explique par des prix moins élevés, mais aussi par la qualité des soins dispensés.

« Les médecins indiens sont beaucoup plus compétents que dans mon pays, et l'intervention, beaucoup moins chère qu'en Europe », témoigne Umeh Emeka Peter, un Nigérian venu à New Delhi pou subir une transplantation du rein. « L'opération a couté dix fois moins chère qu'en France », ajoute pour sa part Amaury, un Français installé depuis deux ans à New Delhi, qui s'est récemment fait opérer des yeux au laser.

Les prix défient en effet toute concurrence, et les établissements privés disposent d'une technologie de pointe identique à celle que l'on trouve dans les pays occidentaux. Dans ces hôpitaux de luxe, l'hygiène est par ailleurs impeccable. « Les hôpitaux qui s'adressent à des publics étrangers sont très propres et prennent toutes les précautions nécessaires. Il n'y a rien à craindre », affirme Amaury.

Ce cocktail attire de plus en plus de patients étrangers, particulièrement des gens aisés issus de pays en développement. « La moitié de nos patients internationaux viennent des pays de la région, comme le Népal, la Thailande, le Bhoutan, le Sri Lanka, le Pakistan. Les 25% suivants sont des Africains. Ils viennent dans nos hôpitaux, car leurs pays ne disposent pas des technologies nécessaires pour leurs traitements et les coûts sont moins élevés que ceux proposés dans les hôpitaux occidentaux », explique Banasree Basu, directrice marketing de l'hôpital Appolo à New Delhi. Quant aux clients occidentaux, ils cherchent en plus à éviter les interminables listes d'attente, qui mettent dans certains cas leur vie en danger.

Comme beaucoup d'autres établissements en Inde, l'Appolo a donc décidé de tout mettre en œuvre pour ses clients étrangers. Une aile de l'hôpital leurs est spécialement réservée, à l'écart de la foule qui arpente les couloirs du bâtiment. Et ils disposent des meilleures attentions : hébergement dans des suites de luxe, repas de qualité supérieure aux hôpitaux de base…Un bureau a même été crée pour régler toutes les longueurs administratives. « Nous nous occupons de réserver les billets d'avions, d'obtenir un visa, puis bien évidemment de réserver une chambre et de prendre rendez- vous auprès des médecins appropriés », explique Banasree Basu. L'établissement compte dans ses rangs nombre de spécialistes qui ont été formés aux Etats Unis ou en Europe. « Nous souhaitons répondre au mieux aux besoins de nos patients, or pour cela il faut des médecins qui connaissent leurs cultures ».

Après l'intervention, c'est l'occasion de découvrir l'Inde et ses trésors. Un service que l'établissement se défend de fournir, même si, au détour d'un couloir, un employé indique par la fenêtre « la route du Taj Mahal »... Il suffit de toute façon de se rendre sur le site internet de l'Apollo pour découvrir que l'hôpital propose un service « Visit India »… Une stratégie commerciale qui paie, puisque un quart du chiffre d'affaires de l'hôpital est réalisé grâce aux clients étrangers, un ratio que la direction espère faire passer à un tiers. « Lorsque nous aurons réussi à faire disparaitre cette image d'un pays qui souffre d'un manque d'hygiène, l'Inde deviendra la destination la plus prisée pour venir se faire opérer », affirme Banasree Basu avec un grand sourire.


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