L’Inde ne veut pas d'une "Slut Walk"

A l'instar de celles qui ont déjà eu lieu dans de nombreuses villes dans le monde, une étudiante indienne voulait organiser ce week end une marche féministe à Delhi. C’était sans compter sur le contexte local, qui l’a obligé à repousser, et repenser, son projet.

Umang Sabharwal, l'étudiante indienne à l'origine du projet de "Slut Walk" à Delhi

Lorsque qu'elle a posté sur Facebook il y a quelques semaines une invitation à participer à une "Slut Walk" à Delhi le 25 juin, Umang Sabharwal, étudiante de 19 ans, ne s'attendait sûrement pas à créer un tel engouement. Dépassée par le nombre de réactions suscitées par son initiative, elle a finalement décidé de prendre le temps d'expliquer la cause qu'elle souhaite défendre, et surtout de réfléchir à la meilleure façon d’organiser un événement à l'image de l'ensemble des femmes indiennes.

La première "Slut Walk" - littéralement "marche des salopes" - a eu lieu à Toronto (Canada), après qu'un policier a répondu à une femme qui se plaignait du manque de sécurité que, si les femmes ne voulaient pas se faire violer, elles ne devaient pas s'habiller en "salope". Le phénomène a pris de l'ampleur : vêtues de tenues volontairement provocantes, des "salopes" ont défilé dans soixante villes dans le monde à ce jour, d’Amsterdam à Sao Paulo en passant par Seattle ou encore Sydney.

Pour l’heure, le phénomène ne touche cependant que des pays occidentaux. Si Umang Sabharwal réussit son pari, Delhi sera d’ailleurs la première ville d'Asie à rejoindre le mouvement. Bienvenu lorsqu’on sait qu’au début du mois, une fondation anglaise a encore classé l’Inde au quatrième rang des pays le plus dangereux pour les femmes. L'année dernière, près de 500 plaintes pour viol ont été enregistrées dans la seule ville de New Delhi, depuis longtemps affublée du surnom de "capitale indienne du viol".

Dans un pays encore très traditionnel, organiser une "Slut Walk" n’est cependant pas chose aisée. A tel point que même les féministes sont très critiques. "Ce mouvement ne s'adresse qu'aux femmes urbaines et riches, les autres ne s'associeront pas, estime ainsi Ranjana Kumari, présidente de WomenPowerConnect. Je suis d'accord avec la cause, mais pas du tout avec les méthodes, poursuit-elle. Etre à moitié nue dans la rue, ce n'est pas notre culture". "Cet événement grotesque se moque de la femme indienne et de ses vrais problèmes", renchérit l'écrivaine féministe Amrit Dhillon dans l'Hindustan Times, évoquant notamment la question des avortements sélectifs et des crimes d'honneur, très courants.

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Umang Sabharwal a tenté de réagir à ces multiples critiques en donnant une image plus "indienne" à son projet. Bien consciente que le terme "salope" passe mal dans un pays aussi puritain, elle a ainsi rebaptisé le mouvement "Besharmi Morcha" ("marche des effrontées" en Hindi), plus "soft". Le code vestimentaire pour la marche a lui aussi été modifié : ce n'est plus "mini jupe ou pantalon sexy" mais "portez ce que vous voulez ! ". Plus cohérent puisque, loin des modes occidentales, l’écrasante majorité des Indiennes qui se font agresser portent de toutes façons des habits traditionnels, saris ou salwar kameez.

Quelque peu édulcorée, la "slut walk" indienne devrait finalement avoir lieu à la fin du mois de juillet, du moins si Umang Sabharwal réussit à obtenir les autorisations nécessaires. Sa place parmi les féministes indiennes n'est, pour autant, pas vraiment assurée.

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Portrait de jadugar
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Ridicule et désolant ! Ce n'est pas en défilant en tenues affriolantes dans une manifestation portant le nom de " slut walk " ( défilé ou marche des putes ) que ces femmes gagneront le respect de la gente masculine !!!
Quelle tristesse de lire que des jeunes Indiennes aspirent ainsi à " copier " les dérives de l'Ouest ! En abandonnant toute retenue et pudeur, elles ne gagneront qu'à attiser le désir des " mâles " !!! C'est sans doute ce qu'elles veulent puisqu'elles défilent en tant que " salopes " ! Immonde !



Portrait de Varoon

Votre commentaire prouve clairement que ce genre de marche EST effectivement importante

Quand vous ecrivez " En abandonnant toute retenue et pudeur, elles ne gagneront qu'à attiser le désir des " mâles " ""??
Vous ne faites que dire la même chose que ce policier canadien qui avait declenché cette marche
Les Femmes portent ce qu'elles veullent, si des hommes n'arrivent pas à se controller alors qu'ils aillent se faire castrer....
Et quoi encore, vous allez accusé les femmes violées d'être responsable de leurs viols maintenant??, je crois que vous l'avez déjà fait...

Cette marche a effectivement pour but de dire que ce n'est pas parce qu'on se couvre pas dans la rue qu'on est une "salope"...elle est finalement avant tout destinée à des personnes comme vous
Votre commentaire ne fait que demontrer la necessité de cette marche

P.S: Copier les Occidentaux??...Quelle connerie, le puritanisme est un fait nouveau en Inde, même les Danseuses Classiques Indiennes portaient des Saris Translucides dans les Temples et jettez un coup d'oeil aux Temples de Kajurao, classés au Patrimoine Mondiale de l'Humanité par l'UNESCO et mondialement connus pour leurs Bas Reliefs Erotiques celebrant le Tantrisme courant Libertin de l'Hindouisme
Vous critiquez l'Occident et vous vous refugiez derrière la tradition quand vous connaissez rien à celle ci...
Inculte et sexiste à la fois, vraiment désolant



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