L’Inde dîne avec la Chine, Politique et Business au menu

Pranab Mukherjee, le ministre indien des Affaires Etrangères, entame aujourd’hui une visite officielle de quatre jours en Chine. Au programme : inauguration d’un consulat, discussions sur des sujets politiques «chauds», et approfondissement du partenariat économique entre les deux pays. Une nouvelle étape dans les interactions croissantes des deux géants asiatiques.

Le ministre indien des affaires étrangères, Pranab Mukherjee, est arrivé aujourd'hui à Pékin pour une visite officielle de quatre jours, à l'invitation de son homologue, Yang Jiechi. Un entretien entre les deux hommes est prévu demain, et l'invité indien il devrait aussi rencontrer le Premier ministre chinois Wen Jiabao. Signe de la volonté des deux géants asiatiques de collaborer davantage, cette rencontre de haut niveau intervient quelques mois seulement après la visite officielle du premier ministre indien Manmohan Singh, qui s'était rendu à Pékin en janvier 2008. C'est aussi la première visite en Chine d'un ministre indien des affaires étrangères depuis celle de Jaswant Singh en avril 2002.

Après ces rencontres officielles, M. Pranab Mukherjee se rendra demain dans la capitale économique de Guangzhou pour y inaugurer un nouveau consulat, dont l'ouverture avait été décidée lors de la visite en Inde du président chinois Hu Jintao, fin 2006. Les dirigeants des deux pays étaient parallèlement parvenus à un accord sur la création d'un consulat chinois à Calcutta, qui devrait, lui, ouvrir dans les prochains mois. Une intensification des rapports diplomatiques qui témoigne, s'il en est encore besoin, des préoccupations stratégiques et économiques communes aux deux géants en pleine explosion économique. Ce sont les seuls pays à flirter en 2007 avec une croissance à deux chiffres.

L'Inde et la Chine ont en effet vu leurs échanges commerciaux exploser ces dernières années. Ils sont estimés à 38 milliards de dollars pour 2007, soit une augmentation de 54% par rapport à l'année précédente. L'objectif affiché est de franchir la barre des 60 milliards de dollars en 2010. Des discussions sur les moyens d'y parvenir sont prévues, dans la continuité de la déclaration commune prévoyant un partenariat stratégique, signé en 2005.

Des questions internationales et régionales sont aussi à l'agenda des discussions. Le Tibet et les litiges frontaliers qui continuent d'opposer les deux pays devraient notamment être évoqués. La fermeté des autorités indiennes envers les manifestants tibétains lors du passage de la torche olympique à New Delhi a été appréciée par les officiels chinois, ainsi que la retenue indienne lors des émeutes qui ont eu lieu au Tibet en mars. L'organisation, cette année, d'une seconde série d'exercices militaires communs est aussi au programme, ainsi que des discussions sur l'utilisation des eaux de la Brahmaputra, un fleuve transfrontalier qui irrigue l'est de l'Inde.

La diplomatie culturelle ne sera pas pour autant oubliée. Il est en effet prévu que le ministre indien des affaires étrangères remette le Padma Bhushan award, l'équivalent de la Légion d'Honneur, à Ji Xianlin. Agé de 97 ans, l'érudit chinois a notamment traduit le Mahâbhârata et le Râmâyana en mandarin.


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