Hasan Ali Khan, l’Indien qui cachait 8 milliards de dollars

Un homme d’affaire indien accusé d’avoir transféré illégalement des sommes colossales dans des comptes en Suisse a été arrêté lundi soir par les autorités. Le gouvernement est à nouveau pointé du doigt pour son apathie dans la lutte contre l’évasion fiscale.

Hasan Ali Khan pourrait être une des personnes les plus riches d'Inde

Une des personnes les plus riches d’Inde

Il se décrit comme un simple vendeur de ferraille, passionné de chevaux et de courses. Inconnu du grand public jusqu’en décembre dernier, Hasan Ali Khan, 58 ans, a remplacé la lobbyiste Niira Radia à la Une des médias indiens depuis quelques semaines. Soupçonné de fraude fiscale massive, il a été arrêté dans la soirée de lundi à Pune (sud-ouest) après des perquisitions à sa résidence et ses bureaux dans plusieurs villes indiennes. Ce sulfureux personnage aurait transféré illégalement plus de 8 milliards de dollars dans des comptes en Suisse et doit près de 670 millions d’euros au fisc indien.

Transactions obscures, passeports multiples, blanchiment d’argent, association avec des vendeurs d’armes...De lourds soupçons pèsent sur Hasan Ali Khan, "l’homme aux huit milliards de dollars" qui pourrait figurer parmi les personnes les plus riches d’Inde. Si sa fortune est difficile à estimer c’est qu’elle est en grande partie non-déclarée et que les sources de revenu de M.Khan sont pour le moins opaques.

Une enquête menée par le département des impôts (Income Tax Departement) et du Enforcement Directorate (ED, une branche du ministère des Finances en charge de contrôler l’évasion fiscale et le blanchiment d’argent, ndlr), ont révélé des correspondances entre le milliardaire indien et le groupe bancaire suisse UBS AG, qui confirment la fortune astronomique de M. Khan. Interrogé par l’ED, ce dernier a nié en bloc, affirmant qu’il ne possédait aucun compte en Suisse, en son nom ou au nom de sa femme.


"Le fruit d’activités criminelles"

Selon les enquêteurs, les revenus d’Hasan Ali Khan, dont l’activité principale est la vente de ferraille, ne suffisent à expliquer l’achat des nombreuses demeures, voitures et chevaux de courses qu’il possède ainsi, que le financement de ses longs et luxueux voyages à l’étranger. Au moins cinq de ses propriétés seraient "le fruit d’activités criminelles", selon un rapport de l’ED qui remonte à 2007. Les autorités indiennes soupçonnent ce dernier, d’avoir payé en cash plusieurs de ses résidences, dont le château qu’il possède en Suisse.

Les autorités indiennes accusent également M. Khan, dont la nonchalance face à ces dernières est un indicateur de l’étendue de ses relations, d’avoir facilité le transfert (illégal) de fonds dans des banques suisses pour le compte de plusieurs industriels et hommes politiques indiens. L’ED affirme également dans son rapport qu’il y a "des indications claires de paiement de pots-de-vin sous forme de commissions illégales payées lors de méga-transactions, notamment dans la vente d’avions Boeing à Air India".

L’affaire Hasan Ali Khan souligne une nouvelle fois le malaise du gouvernement face au rapatriement de l’argent indien qui dort illégalement dans les banques suisses. Le parti du Congrès au pouvoir affirme que les clauses de confidentialité limitent sa marge de manœuvre. Mais pourquoi M. Khan, qui est sous le radar des autorités depuis plus de 4 ans, n’a jamais été inquiété auparavant ?, s’interrogent l’opposition et les médias.

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La cour suprême indienne s’en est prise au gouvernement la semaine dernière, lui reprochant son manque de volonté d’agir concernant les fonds indiens placés en Suisse en toute illégalité, décrivant cette pratique comme le "vol pur et simple de la richesse nationale".

Selon plusieurs estimations, l’évasion fiscale indienne depuis l’indépendance (1947) s’élève à environ 500 milliards de dollars. Hasan Ali Khan est détient à lui tout seul de 2% de cette somme.

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