Etats-Unis : des centaines d’étudiants indiens risquent la déportation
Une université fictive a été fermée près de San Francisco la semaine dernière, après la découverte d’un vaste réseau d’immigration illégale ciblant des centaines d’étudiants Indiens. New Delhi a depuis condamné le traitement de ces "victimes" par les autorités américaines.
Bracelet électronique
Le gouvernement indien a officiellement critiqué les Etats-Unis pour le traitement "inhumain" de plusieurs centaines de ses citoyens, "victimes" selon New Delhi d’une gigantesque arnaque à l’immigration. Ces derniers ont été contraints de porter un bracelet électronique à la cheville par les autorités américaines le weekend dernier, afin que celles-ci puissent traquer leurs déplacements sur le territoire. Ils sont accusés d’être arrivés au Etats-Unis par le biais d’une université fictive et pourraient bientôt être déportés.
"Nous avons fait passer un message aux autorités américaines, pour que ces personnes, qui sont des victimes, soient traitées équitablement et raisonnablement. Les étudiants indiens ne sont pas des criminels, les bracelets électroniques doivent être enlevés immédiatement", a déclaré dimanche le ministre indien des affaires Etrangères S. M. Krishna. A Hyderabad, ville principale de l’Etat dont sont majoritairement issus les étudiants en question, les membres du syndicat étudiant All India Students’ Federation ont manifesté devant le consulat américain.
L'université de la Tri-Valley à Pleasanton (San Francisco) a été fermée la semaine dernière, après avoir été accusée par les autorités américaines de fraude, de blanchiment d'argent et de délivrance illégale de visa. Une enquête du FBI avait révélé que l'établissement avait recours à l'immigration illégale, faisant venir avec des visas étudiants des centaines d’Indiens, en échange de sommes d'argent considérables.
Aucun examen ou cours obligatoires
Tri-Valley, qui comptaient 1500 étudiants dont près de 95% d’Indiens, selon différentes sources, proposaient avant tout des cours en ligne à ses étudiants. En réalité, ces derniers travaillent illégalement dans plusieurs Etats du pays, au Maryland, en Virginie, en Pennsylvanie ou encore au Texas, rapporte le quotidien The Hindu. Afin de camoufler ce trafic, l'Université s'occupait de leur fournir un statut d'étudiant ainsi qu'une adresse de résidence fictive en Californie.
Les faux étudiants qui sont rentrés illégalement sur le territoire américain sont maintenant recherchés et certains ont déjà été interrogés par les services d'immigration, ce qui a semé un vent de panique dans la communauté étudiante indienne. De nombreux étudiants indiens d’Andhra Pradesh ont annulé leurs vols pour les Etats-Unis, voyant se briser sous leurs yeux leur rêve américain.
Si les étudiants qui risquent d’être déportés sont décrits par les autorités indiennes comme des victimes, ayant effectivement dépensé plusieurs centaines de milliers de roupies pour obtenir un visa et un permis de travail étudiants, Tri-Valley avait néanmoins une réputation sulfureuse d’ "usine à diplôme". En facilitant les critères d’admission et offrant un accès rapide à l’emploi, l’université attiraient de nombreux étudiants indiens malgré un cursus quasi-inexistant, ne prévoyant par ailleurs aucun examen ou cours obligatoires.
Selon le quotidien Times of India, plusieurs étudiants avaient déjà mis en garde contre les pratiques frauduleuses de l’université, qui n’est pas accréditée, sur un forum l’année dernière. Les autorités américaines ainsi que de nombreux membres de la communauté indienne aux Etats-Unis s’accordent donc à dire que si certains étudiants ont bien été "dupés" par Tri-Valley, d’autres étaient conscient du fait qu’ils contournaient la loi.
De plus en plus d'Indiens aspirent à immigrer aux Etats Unis. Selon le ministère américainde la sécurité intérieure (US department of Homeland Security), ce nombre a augmenté de 125% entre 2000 et 2008, atteignant un total de 270 000 personnes environ. Selon le Pew Research Center, un Think Tank basé à Washington, il y aurait en réalité plus de 400 000 immigrés indiens clandestins aux Etats Unis. Entre 10 000 et 15 000 Indiens partent étudier aux Etats-Unis chaque année.
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princesslily1 semaine 5 joursL'Inde, j'y suis venue plusieurs fois et là je rentre bientôt de mon voyage de 6mois. Donc je pense... -
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Je pense qu'il serait raisonnable d'utiliser le mot Expulsion en lieu et place de Déportation. Ce dernier mot ayant une connotation historique grave...
Pour réponde à nro70, je dirais que ces pseudo-journalistes ne sont pas des journalistes de terrain mais des traducteurs (mal formés) qui traduisent des articles de l'anglais en français. Effectivement, le terme "deportation" (en anglais) signifie l'expulsion!! Mais bon c'est mieux que Google traduction!! ou pas...
+1 Singh
Comme le signale déjà trois personnes ci-dessus, l'usage du terme déportation est totalement inapproprié.
La déportation est :
1/ Anciennt. Peine perpétuelle, afflictive et infamante, qui consistait en une résidence forcée dans un lieu déterminé en dehors du territoire continental.
2/ Transfert de certaines catégories de la population d'un pays hors de leur patrie.
3/ Transfert et internement dans un camp de concentration ou d'extermination.
Il est urgent de corriger cet article et de mettre "expulsé" et "expulsion".
Bonjour,
Si le sujet n'était pas grave, ces commentaires seraient risibles.
On la reconnaît bien là, la réaction franchouillard toujours la première à vouloir donner des leçons au monde entier en matière des droits de l'homme et qui permet en même temps, sur son propre sol, que l'on vienne chercher des enfants dans des écoles pour les expulser.
Aux Etats-Unis, on est moins hypocrite, un chat est un chat et on ne fait pas de bricolage sémantique pour faire passer la pilule.
cordialement
Ce n'est pas du bricolage sémantique, c'est un faux-ami. La déportation, c'est dans l'autre sens, c'est quand on transfère une population HORS de son propre pays, pas quand on le renvoie DANS son pays.
Si cet article n'était pas sur Aujourd'hui l'Inde (i.e. s'il est repris ailleurs), on pourrait interpréter le titre (Etats-Unis : des centaines d’étudiants indiens risquent la déportation) comme "Etats-Unis : des centaines d’étudiants amérindiens risquent la déportation" ou encore "Etats-Unis : des centaines d’étudiants indo-américains risquent la déportation", bref le mot déportation depuis les USA n'a de sens que pour des citoyens ayant la nationalité américaine.
Harrap's & collins : "deportation (en) = expulsion (étranger) (fr)" ; "order of deportation = arrêté d'expulsion".
Pour répondre à Singh, les journalistes de "aujourd'hui l'Inde" sont de vrais journalistes dont le terrain est l'Inde,puisqu'ils sont à N.Delhi . Le sujet de cet article est très intéressant puisqu'il décrit un piège dans lequel sont tombés tant d'étudiants indiens :c'est ce scandaleux incident qui devrait retenir toute l'attention du lecteur et faire réfléchir aux moyens d'éviter de tels pièges, non les détails sémantiques .
"New Delhi a depuis condamné le traitement de ces "victimes" par les autorités américaines."
Moi, j'aimerais bien voir comment les autorités traite(raient) les "visiteurs" étrangers illégaux et sans visa. Mais c'est toujours plus facile de dénoncer la paille dans l'oeil du voisin que la poutre qu'on a dans le sien. Un pays totalement protectionniste comme l'Inde, et qui gère son immigration avec la plus grande sévérité et restriction n'a aucune leçon à donner à un pays confronté à un flux migratoire bien plus important. Combien d'étudiants étrangers admis aux USA, combien d'étudiants étrangers admis en Inde ?