En Inde, la peine de mort fait toujours débat
A l’occasion de la Journée mondiale et européenne contre la peine de mort, intellectuels et diplomates ont été invités à s’interroger sur la situation de la peine de mort en Inde. Une table ronde organisée par l’ambassade de France et la délégation européenne a mis en débat l’abolition du châtiment dans "la plus grande démocratie du monde".
"Je ne veux pas de délai. Kasab devrait être immédiatement pendu. Il n’a aucun droit à la vie." Praaveen Nakar a 26 ans. Il est agent de sécurité dans un hôpital de Mumbai et a perdu son père lors des attentats de 2008. Début 2010, la condamnation à mort d’Ajmal Kasab, dernier survivant du commando meurtrier, avait également suscité la réaction ferme du ministre de la justice Veerappa Moily. Celui-ci déclarait solennellement : "c’est un message adressé à tous les terroristes : si vous venez en Inde, vous connaîtrez le même destin."
Quel rôle pour la justice?
Punitive ou dissuasive : pour défendre leurs positions, les partisans de la peine capitale s’appuient sur "une certaine idée de la justice et du pouvoir" que ses détracteurs ne manquent pas de remettre en cause. Lors d’une table ronde organisée mercredi dernier à l’Alliance française de Delhi autour de la peine de mort en Inde, Shuddhabrata Sengupta, artiste, écrivain et journaliste, a rappelé l’incohérence de ce qu'il apparente à la loi du Talion. Appliqué à la lettre, l’ "œil pour œil, dent pour dent" devrait selon lui mener à des proportions surréalistes.
Face à la valeur dite dissuasive de la peine de mort, M. Sengupta dénonçait parallèlement les "béances" d’un système judiciaire jugé bancal. Entre les "procès à base de confessions" et l’inégalité criante entre les différentes classes sociales face à la défense, la justice indienne ne rimerait pas toujours avec impartialité. Une marge d’incertitude trop risquée pour un problème dont les enjeux ne sont "rien moins que la vie et la mort".
Exceptions
Bien que réservée aux cas "les plus rares entre les rares", la peine de mort reste bien d’actualité en Inde. Ses exécutions sporadiques la placent parmi les 58 pays qui la pratiquent, selon le dernier recensement d’Amnesty International. La Constitution, soutenue par l’article 21 du Code pénal, affirme ainsi le droit à "la vie ou [à la] liberté personnelle", "sauf dans les cas établis par la loi".
Ces exceptions entérinées par la justice laissent dubitative Usha Ramanathan, avocate spécialiste des droits de l’homme. "Comment expliquer qu'un groupe de personnes s’arrogent le droit de choisir qu’un tel aura le droit de vivre et qu’un autre devra mourir ?", s’interroge-t-elle avant d’ajouter : "le pouvoir en place a la responsabilité de prendre soin de la vie de chaque individu, et non de leur mort."
Imposer le changement
Parmi les raisons du maintien de la peine de mort dans son pays, elle cite le ballet médiatique et sa recherche permanente du sensationnel, ainsi que la pauvreté qu’elle décrit comme un frein contraignant dans l’accès à une défense en mesure d’épargner les accusés de la peine capitale. Autre argument, la hiérarchie des priorités instaurée par le gouvernement indien. "Ici, nous sommes plus préoccupés par la question de la torture ou du droit des enfants. La peine de mort est un sujet qui ne vient qu’après tout ça."
Encore cantonnée aux débats intellectuels, la question de l’abolition de la peine de mort attend toujours un geste concret de la part du gouvernement. Pour cela, Mme. Ramanathan confie attendre beaucoup de la communauté internationale : "notre tâche à nous, ce sera de nous tenir prêt pour prendre le relais et imposer le changement dans notre pays."
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E. Amy1 jour 23 heuresBonjour, Je viens de finir 4 ans et demi de contrat en Inde et j'ai cotise pour le PF (Provident... -
Heatherayde5 jours 6 heuresJe me demandais pourquoi cette affaire n'a pas résoudre. J'ai aussi entendu que même certains... -
altbm6 semaines 1 jourje suis francais et ma femme aussi pour sa carriere proffessionnelle ma femme vit en inde en expat... -
princesslily6 semaines 2 joursLes viols ne sont pas plus d'actualité, ils sont simplement beaucoup plus médiatisés... Que faire... -
princesslily6 semaines 2 joursL'Inde, j'y suis venue plusieurs fois et là je rentre bientôt de mon voyage de 6mois. Donc je pense...
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Au delà des préjugés, c'est le courage politique qui fera la différence. N'oublions pas que quand la France a aboli la peine de mort, une majorité de nos concitoyens étaient contre.
Très bon reportage. Le nom de la journaliste semble coréen ?
Bon article.