En Inde, la mortalité infantile résiste encore à la croissance économique

L'Inde, dont la croissance économique est aujourd'hui l'une des plus rapides au monde, continue d'accuser un inquiétant taux de mortalité infantile, avec chaque année près de deux millions d'enfants mourant avant l'âge de cinq ans, s'alarme l'organisation Save The Children.

Selon un rapport de l'organisation caritative, l'Inde détient le triste record mondial du plus grand nombre de nourrissons morts après 24 heures (400.000 chaque année). Le pays, troisième puissance économique d'Asie, figure en outre au 171e rang, sur 175 pays, en terme de dépenses publiques de santé.
 
Si le taux de mortalité infantile a certes diminué en près de vingt ans (il était de 117 pour 1.000 en 1990), il reste encore très élevé, dépassant même certains pays parmi les plus pauvres de la planète comme le Bangladesh, avec 72 morts pour 1.000 naissances en 2007, selon le rapport reçu lundi.
 
En Inde, près de 2 millions d'enfants de moins de cinq ans meurent chaque année et la moitié de ces décès intervient le premier mois suivant la naissance, notamment en raison de maladies néonatales, de diarrhées et de pneumonies, pointe le rapport.
 
Selon Save The Children, la principale cause de mortalité est due à la malnutrition. Près d'un enfant sur trois souffrant de malnutrition habite en Inde et 45,9% des enfants indiens de moins de 3 ans sont trop maigres. Or un enfant mal nourri présente neuf fois plus de risques de mourir qu'un autre enfant.
 
L'Inde, signataire de la Convention des Nations unies pour les droits de l'enfant (CRC), s'était engagée en 2000, au côté de 188 autres pays, à réduire de deux tiers son taux de mortalité infantile d'ici 2015.
 
Mais si le pays ne redouble pas d'efforts aujourd'hui, cet objectif (38 morts pour 1.000 naissances) ne sera atteint qu'à l'horizon 2020, prévient Save The Children. Il est donc urgent d'agir, d'autant que les mesures d'intervention sont facilement applicables et peu coûteuses, estime-t-elle.
 
Selon le rapport, l'Inde devrait instaurer une allocation de ressources pour la santé des mères et des nourrissons, notamment à destination des populations pauvres et marginalisées.
 
L'organisation préconise en outre la mise en place de soins néonataux et d'aides maternelles à domicile pour les mères accouchant le plus souvent seules chez elles. Elle plaide aussi pour l'allaitement les six premiers mois, qui aiderait à réduire les risques d'infection, les maladies et la mortalité.
 
Selon le rapport, l'allaitement débuté la première heure suivant la naissance réduirait de 22% les risques de mortalité.
 
Le gouvernement devrait également mettre en oeuvre un vaste programme national associant les ministères de la Santé et de la Famille, de la Femme et du Développement de l'enfant, de l'Eau et des Services sanitaires, ainsi que celui du Développement rural.
 
Le pays devrait aussi augmenter la part du PIB allouée aux dépenses de santé, pour la faire passer de 1% à 5% d'ici 2015.
 
Save The Children a relevé de fortes disparités en fonction des castes et des Etats indiens, avec par exemple un taux de mortalité infantile de 16 pour 1.000 au Kerala (sud) contre 96 pour 1.000 dans l'Uttar Pradesh (nord).

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