Chaque année en Inde, 78 000 femmes meurent en donnant la vie
20/01/2009 | Amanda Winguis.
Accoucher est encore la première cause de mortalité pour la plupart des femmes dans le monde. C’est ce que pointe le nouveau rapport de l’Unicef sur "La Situation des enfants dans le monde en 2009". Un tiers des décès maternels de la planète seraient comptabilisés par deux pays : le Nigéria … et l’Inde.
Le chiffre est effrayant. Selon le rapport de l'Unicef, paru le 15 janvier, ce sont 78 000 femmes par an qui perdent la vie en Inde, que ce soit en couche ou des suites de leur grossesse. Soit une toutes les sept minutes. Si le pays est parvenu à diminuer son taux d'enfants décédant avant cinq ans, de 117 à 72 sur mille entre 1990 et 2007, il est toujours aussi dangereux pour une femme de donner la vie.
Petite comparaison rapide sur le taux de mortalité maternelle : Là où il n'est que d'une femme sur 6900 en France, il était en 2007 de une sur 76 dans le sous-continent. Un écart colossal. Les problèmes de moyens sont certes en cause, notamment la pénurie criante de personnel soignant qualifié. Mais c'est la situation générale des femmes dans le pays qui fait le plus de victimes.
À commencer par les mariages d'enfants, encore très répandus en Inde. Ils contribuent pour beaucoup aux grossesses précoces, particulièrement dangereuses pour les mères. "Les filles qui ont un enfant avant l'âge de 15 ans courent cinq fois plus de risques de mourir pendant l'accouchement que les femmes qui ont plus de 20 ans", constate le rapport.
Le niveau d'éducation des filles est un autre facteur clef. Peu informées des risques d'un accouchement, 60% des femmes indiennes continuent de mettre leur enfant au monde chez elles. De leur niveau d'éducation dépend également leur utilisation de la contraception. Lorsque leur première naissance se déroule sans encombre, ce sont souvent les grossesses à répétition qui les mettent en danger.
"Il faut au moins deux ans au corps d'une femme pour se remettre de la naissance d'un enfant. Comme près de 52% des femmes indiennes sont anémiques, une femme doit laisser son corps reconstituer les nutriments et le sang qu'elle a perdu en accouchant", explique Aparajita Gogoi, membre de l'Alliance Ruban Blanc pour une Maternité sûre en Inde, dans le Times of India.
Elle évoque par ailleurs les problèmes d'allaitement posés par ces grossesses consécutives, durant lesquelles l'enfant porté accapare souvent la nourriture de celui déjà né. Le rapport de l'Unicef le montre bien : "la santé des mères est inextricablement liée à celle des nouveau-nés".
L'Inde qui perd 78 000 femmes par an après accouchement, compte ainsi deux millions d'enfants qui meurent chaque année avant d'avoir cinq ans, dont un million n'atteint pas les 28 jours. Il suffirait pourtant de mesures simples. Généraliser l'allaitement, par exemple, dès les premières heures de vie et sur le long terme, pourrait sauver près d'un quart de ceux qui décèdent dans leur premier mois. Mais encore faudrait-il que les mères qui allaitent soient elles-mêmes suffisamment bien nourries pour avoir du lait…
Petite comparaison rapide sur le taux de mortalité maternelle : Là où il n'est que d'une femme sur 6900 en France, il était en 2007 de une sur 76 dans le sous-continent. Un écart colossal. Les problèmes de moyens sont certes en cause, notamment la pénurie criante de personnel soignant qualifié. Mais c'est la situation générale des femmes dans le pays qui fait le plus de victimes.
À commencer par les mariages d'enfants, encore très répandus en Inde. Ils contribuent pour beaucoup aux grossesses précoces, particulièrement dangereuses pour les mères. "Les filles qui ont un enfant avant l'âge de 15 ans courent cinq fois plus de risques de mourir pendant l'accouchement que les femmes qui ont plus de 20 ans", constate le rapport.
Le niveau d'éducation des filles est un autre facteur clef. Peu informées des risques d'un accouchement, 60% des femmes indiennes continuent de mettre leur enfant au monde chez elles. De leur niveau d'éducation dépend également leur utilisation de la contraception. Lorsque leur première naissance se déroule sans encombre, ce sont souvent les grossesses à répétition qui les mettent en danger.
"Il faut au moins deux ans au corps d'une femme pour se remettre de la naissance d'un enfant. Comme près de 52% des femmes indiennes sont anémiques, une femme doit laisser son corps reconstituer les nutriments et le sang qu'elle a perdu en accouchant", explique Aparajita Gogoi, membre de l'Alliance Ruban Blanc pour une Maternité sûre en Inde, dans le Times of India.
Elle évoque par ailleurs les problèmes d'allaitement posés par ces grossesses consécutives, durant lesquelles l'enfant porté accapare souvent la nourriture de celui déjà né. Le rapport de l'Unicef le montre bien : "la santé des mères est inextricablement liée à celle des nouveau-nés".
L'Inde qui perd 78 000 femmes par an après accouchement, compte ainsi deux millions d'enfants qui meurent chaque année avant d'avoir cinq ans, dont un million n'atteint pas les 28 jours. Il suffirait pourtant de mesures simples. Généraliser l'allaitement, par exemple, dès les premières heures de vie et sur le long terme, pourrait sauver près d'un quart de ceux qui décèdent dans leur premier mois. Mais encore faudrait-il que les mères qui allaitent soient elles-mêmes suffisamment bien nourries pour avoir du lait…
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Ginger23/05/2012Merci pour le bon plan ! -
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