Amateurs de Enfield, à vous les balades à moto en Inde !

Que les passionnés de la légendaire Royal Enfield de New Delhi se réjouissent ! Vintage Rides, une entreprise française qui organise des voyages en Enfield à travers l’Inde, a décidé d’ouvrir un garage et d’organiser des balades régulières pour tous les propriétaires d’une Enfield. A terme, l’envie de créer une sorte de « club », une communauté d’Enfielders.

Parcourir l'Inde au guidon d'une Enfield, moto mythique des années cinquante, fait rêver plus d'un motard. "C'est un mélange de fraternité, de sensations fortes et … de cambouis", décrit Gautier Deschamps. Celui-ci sait bien de quoi il parle. Depuis 3 ans, il travaille pour une boite française, Vintage Rides, spécialisée dans les voyages en Enfield en Inde. Sur les motos de Vintage, il guide des "passionnés de vieille mécanique" à travers le Ladakh, le Rajasthan ou le sud de l'Inde.

Depuis peu, l'équipe des Vintage riders s'est lancée dans un nouveau projet : créer une communauté Enfield à New Delhi. Le but : réunir les propriétaires de la célèbre moto autour de sorties communes et d'un garage pour l'aide mécanique.

Les aficionados du légendaire engin sont en effet légion en Inde où celui-ci continue d'être fabriqué. "Je dirais qu'il y a …40% des expats qui touchent ou veulent toucher à une Enfield", estime Gautier. "Cela va du stagiaire qui va s'acheter une bécane toute pourrie, quitte à s'en occuper après, à l'ambassadeur des Etats-Unis qui se fait envoyer d'Europe la toute dernière Enfield", explique-t-il.

Le futur "club" a ainsi vocation à réunir des gens de tous horizons. "Il n'y a pas beaucoup de cohésion entre les expats", constate Gautier qui trouve que les communautés d'expatriés de langue différente se mêlent finalement assez peu. Quoi de mieux pour y remédier qu'une passion commune, la moto, où la mécanique fait presque office de langue universelle ?

Par ailleurs, "il existe une demande réelle de prise en main, au niveau de la sécurité et de l'itinéraire", observe Alex Le Beuan, co-directeur de Vintage. Les propriétaires d'Enfield n'ont pas souvent l'occasion d'user leurs bécanes : la circulation de New Delhi ne s'y prête pas et le temps manque pour préparer une excursion. "Au final, ils ne connaissent pas l'Inde à moto. Il y a trop de déconvenues, de pannes". Entre le choix d'un itinéraire à l'aveuglette et les avaries techniques, il faut souvent se contenter de faire des tours dans les très verts quartiers résidentiels à la périphérie de New Delhi.

Le club de motards bénéficiera de l'expérience des vintage riders. Pour chaque week-end d'excursion, l'itinéraire aura été repéré, les haltes et les hôtels soigneusement choisis et un point de rendez-vous pourra même être donné à madame et aux enfants. Ces motards qui ont leurs propres motos, ont aussi leurs propres envies auxquelles il faudra s'adapter. On les imagine, cheveux au vent, arriver fièrement à la tombée du soir dans la ville où femmes et enfants les attendent dans un haveli tout confort…

L'aide mécanique constitue l'autre versant de ce "club". Pour ses motos, Vintage Rides a déjà dû trouver mécaniciens, pièces de qualité et partenaires indiens fiables. Tout y est pour lancer le garage. Mais avant le vrai lancement, tout doit être parfait. "On le fait bien ou on ne fait rien", affirme Gautier qui compare avec les garagistes indiens. Ils sont bons en mécanique, mais les pièces sont parfois douteuses, les retards fréquents et les arnaques nombreuses. Ce qui rebute beaucoup d'étrangers.

Mais attention, "il ne s'agit pas de faire de l'argent sur de la mécanique", prévient Gautier, comme s'il s'agissait d'un sacrilège. Ce n'est pas là leur métier premier.

En effet, dans l'équipe de Vintage, on est avant tout guide. Le projet sera finalisé à la fin de l'été car actuellement la "saison du Ladakh" occupe beaucoup les Vintage riders, mais ce n'est pas Gautier qui se plaindra de passer son temps "entre les cocotiers et les montagnes"

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