Accord nucléaire : la Chine rejoint le camp des opposants

La Chine a fait part, lundi, de son opposition à l’accord indo-américain sur le nucléaire civil dans sa forme actuelle. Un nouveau coup dur pour l’Inde qui tente désespérément de faire ratifier son "Nuclear Deal" par le Congrès américain avant la fin du mois.

C'est peut-être la plus grosse embûche rencontrée par New Delhi dans sa course au nucléaire civil depuis le vote de confiance du 22 juillet. Dans un article publié lundi dans le People's Daily, l'organe de presse officielle du parti communiste chinois, un expert appartenant à un groupe de pensée rattaché au gouvernement, qualifie l'accord indo-américain sur le nucléaire civil d'"atteinte au Traité de Non Prolifération" (TNP), dont l'Inde n'est pas signataire. Selon l'article, le texte régissant l'accord, tel qu'il est proposé au groupe des pays fournisseurs de nucléaire (NSG), permettrait à l'Inde de poursuivre ses essais nucléaires en toute impunité. Son auteur dénonce notamment "l'absence de conditions liant la vente de matériel  nucléaire à l'interdiction pour l'Inde de réaliser des essais".

Sceptique, au départ, sur le bien-fondé de cet accord, la Chine avait pourtant revue sa position ces derniers mois, évoquant le droit pour chaque pays de développer son énergie nucléaire. L'opposition chinoise vient s'ajouter à celle de six autres pays membres: la Nouvelle-Zélande, la Suisse, la Norvège, les Pays-bas, l'Autriche et l'Irlande. Mais le statut de grande puissance dont bénéficie la Chine lui donne un poids politique déterminant au sein du NSG. Pékin, qui au mieux ne défendra pas l'accord lors de la réunion prévue les 4 et 5 septembre prochains, risque donc fort d'obliger le groupe des fournisseurs à reporter une nouvelle fois sa décision sur le cas indien.

Le 22 août dernier, les 45 pays du NSG n'étaient pas parvenus à un consensus sur l'accord indo-américain et avaient décidé de se réunir à nouveau en septembre. Plusieurs de ses membres avaient réclamé des amendements au texte régissant l'accord rédigé par les Etats-Unis, afin de poser des conditions plus strictes à la vente de nucléaire à l'Inde. New Delhi avait de son côté refusé tout compromis, exigeant une "exemption inconditionnelle" des directives du NSG. Le nouveau texte proposé dimanche dernier par Washington n'a pas plus convaincu les membres du cartel, qui dénoncent des "changement de façade" sans réelles modifications sur le fond.  

Au vu du retournement soudain de la position de la Chine, plusieurs experts anticipent déjà une répétition du scénario du 22 août, en fin de semaine, avec à la clé une troisième réunion reportée aux alentours du 11 septembre. Trop tard, officiellement, pour inclure, une fois le feu vert du NSG obtenu, le dossier indien à la séance du Congrès américain qui s'ouvre dans six jours.

Hasard du calendrier, le ministre chinois des Affaires Etrangères Yang Jiechi se rendra en Inde du 7 au 9 septembre, pour l'inauguration d'un consulat d'Inde à Calcutta et une réunion avec son homologue indien à New Delhi. Le nucléaire sera sans nul doute à l'ordre du jour.


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