Accord nucléaire: après l’AIEA, l’Inde doit convaincre les pays fournisseurs

L’accord indo-américain sur le nucléaire civil est sur les rails depuis l’acceptation par l’AIEA, vendredi, des modalités d’inspections proposées par l’Inde. Reste maintenant à convaincre les 45 pays fournisseurs de nucléaire, une épreuve qui s’annonce bien plus ardue.

L'Inde a remporté le premier round, dans sa quête pour l'entrée en vigueur de l'accord sur le nucléaire civil, signé avec Washington en 2005 . L'Agence Internationale pour l'Energie Atomique (AIEA) a approuvé à l'unanimité le plan indien définissant les modalités d'inspections pour ses installations nucléaires civiles, lors d'une réunion à Vienne, vendredi dernier. Plusieurs des 35 pays membres du conseil des gouverneurs de l'agence avaient pourtant émis des réserves concernant le cas indien, dans la matinée. Mais la campagne menée sans relâche par l'Inde et des Etats-Unis depuis un mois, à laquelle est venu s'ajouter l'appui du directeur général de l'AIEA, Mohammed El Baradei, qui a défendu la position indienne en début de séance, a permis à la proposition indienne d'être approuvée par consensus, sans même être soumise au vote.

Si le Premier ministre indien Manmohan Singh, principal architecte de cet accord sur le nucléaire, peut se féliciter d'avoir franchi cette première étape sans écueil, le plus dur reste à faire. Le véritable test, pour l'Inde, se fera lors de la réunion du groupe des pays fournisseurs de nucléaire, le Nuclear Supplier Group (NSG), les 21 et 22 août prochain. Si la plupart des 45 membres du NSG ne sont pas catégoriquement opposés à cet accord, plusieurs d'entre eux, dont la Chine, veulent y attacher certaines conditions. Reconnaissant les besoins énergétiques de l'Inde, que l'accord nucléaire indo-américain viendrait combler, ils affirment cependant que ce dernier remet en cause la valeur du traité de Non-Prolifération (TNP), que New Delhi n'a toujours pas signé.

Le gouvernement, réclame pour sa part une "exemption propre et inconditionnelle" des directives du NSG concernant le commerce de combustible et de combustible nucléaire, qui selon le président indien de la Commission de l'Energie Atomique Anil Kakodkar "ne s'appliquent qu'aux pays ne possédant pas d'armes nucléaires". "Le NSG ne peut pas poser de conditions liées à la poursuite d'essais nucléaire ou à la signature du TNP", a-t-il ajouté dans un entretien au quotidien The Hindu, dimanche.

Cette position est fermement soutenue par Washington, qui présentera officiellement le cas de l'Inde le 21 août, mais aussi par la France et la Russie, qui envisagent déjà des relations commerciales avec l'Inde dans le domaine nucléaire. Mais d'autres nations, plus sceptiques, qui se sont tues à Vienne vendredi dernier, pourraient faire parler la poudre lors de la réunion du NSG. Elles pourraient alors priver le gouvernement Singh du consensus dont il a besoinpour passer cette deuxième étape et espérer pouvoir présenter l'accord devant le Congrès américain pour ratification. D'après la chaîne de télévision indienne Times Now, George Bush devrait rencontrer Manmohan Singh dès le mois prochain, afin de sceller l'accord avant l'élection présidentielle américaine de novembre.

 


0


0